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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation

Le carnet S'informer

La canne à sucre dans le Sud sauvage : où elle s’arrête

8 min de lecture

Il n’y a presque pas de canne à sucre autour de Saint-Philippe : elle occupe la plaine du Sud, entre Saint-Louis et Saint-Joseph, et vous la traversez en venant de Saint-Pierre, sur la portion de route qui précède Saint-Joseph. C’est un paysage de travail, pas un décor de carte postale, et il se lit. Voici ce qu’il y a à y regarder, et pourquoi il s’arrête avant d’arriver jusqu’ici.

Où la canne commence et où elle s’arrête

Depuis la maison, Saint-Pierre est à 29,6 km, soit 37 minutes de route, et Saint-Joseph à 12,6 km, 18 minutes. La canne se joue sur la première moitié de ce trajet. Entre Saint-Pierre et Saint-Joseph, la route traverse des parcelles presque sans interruption, sur le plat comme sur les pentes au-dessus. Passé Saint-Joseph, les champs remontent dans les Hauts et se raréfient le long du littoral. Sur les 12,6 km qui séparent le centre de Saint-Joseph de la maison, il reste des parcelles isolées, mais ce n’est plus le paysage dominant : la forêt et la lave prennent la place.

Autrement dit, si vous dormez dans le Sud sauvage, la canne n’est pas devant votre fenêtre : elle est sur la route de vos courses et de vos sorties vers l’ouest. Le reste de ce qu’il y a autour de la maison est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Ce qu’on voit vraiment dans un champ de canne

De loin, c’est un tapis vert uniforme qui défile. De près, il y a cinq choses à lire.

  • Ce n’est pas une plante annuelle. On la coupe une fois par an et elle repart de la souche, plusieurs années de suite, avant qu’on replante. Un champ ras et un champ haut à cent mètres l’un de l’autre, ce n’est pas deux cultures : c’est la même, à deux moments.
  • Les flèches. Quand la canne fleurit, elle monte un plumet argenté au-dessus des feuilles. Un champ en fleur pris dans la lumière rasante du matin ne ressemble à rien d’autre sur cette île.
  • Les andains. Ces alignements de galets noirs au milieu des parcelles, ce sont les pierres sorties du champ, génération après génération. Sur un sol volcanique, faire de la place à la culture veut dire enlever des cailloux, et il faut bien les mettre quelque part.
  • Les chemins de canne. Les petites voies bitumées qui partent de la route, larges d’un tracteur, sont des chemins d’exploitation. Ils ne mènent pas à un point de vue.
  • Les ravines. Elles coupent les champs net. La canne est cultivée jusqu’au bord, et le bord est parfois une falaise : c’est ce qui donne à la plaine du Sud son aspect de damier entaillé.

Un point qui n’a rien d’évident quand on débarque : ces parcelles appartiennent à quelqu’un et sont en cours de culture. On les photographie depuis la route, on n’y entre pas.

Pendant la coupe, la route n’est plus la même

La récolte a lieu pendant l’hiver austral et s’étale sur plusieurs mois. Pendant cette période, la route du Sud change de caractère : tracteurs et remorques chargés à ras bord, sorties de chemin sans visibilité, files derrière un attelage lourd qui n’accélère pas dans les côtes. Après une averse, la terre descend des champs sur la chaussée ; le reste de l’année, ce sont des bouts de canne tombés des remorques qu’on retrouve sur le bitume.

Deux réflexes suffisent : garder de la distance derrière un chargement et ne pas doubler dans les virages du littoral. Prévoyez un peu de marge si vous visez une heure précise à Saint-Pierre ou à l’aéroport.

La canne du Sud ne se transforme pas ici : il n’y a aucune sucrerie dans le Sud sauvage. Elle descend vers l’usine du Gol, à Saint-Louis, c’est-à-dire à l’ouest de Saint-Pierre, à l’opposé de nous. Les matins où l’on part tôt, pour le volcan comme pour éviter les convois, le petit déjeuner se prend sur la varangue commune.

Pourquoi elle s’arrête avant Saint-Philippe

Trois raisons se voient depuis la voiture, sans rien connaître à l’agriculture.

La première est la place. Entre le rempart et la mer, la bande cultivable se resserre à mesure qu’on va vers l’est. À Saint-Philippe, la pente arrive vite et les surfaces d’un seul tenant deviennent rares.

La deuxième est la lave. Le Grand Brûlé, où les coulées du Piton de la Fournaise descendent jusqu’à l’océan, interrompt tout : on n’y cultive rien, la route y traverse des coulées nues que la végétation reprend à peine. C’est une partie du paysage qui n’a jamais été agricole et ne le sera pas.

La troisième est la forêt. Ailleurs dans l’île, la forêt de basse altitude a disparu sous les cultures. Ici, une partie n’a jamais été défrichée.

Racines monumentales dans la forêt tropicale de Mare-Longue, sur le sentier botanique
La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km de la maison. C’est une relique de forêt tropicale humide de basse altitude, l’une des dernières de l’île : le type de terrain qui, partout ailleurs, a été mis en canne.

Ce que le paysage porte à la place

Entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, la campagne ne ressemble pas à celle de la plaine du Sud. La vanille pousse sous les arbres et non en plein champ, ce qui la rend presque invisible depuis la route. Le vacoa tient la bande littorale, et sa feuille se tresse encore dans la commune. Dans les Hauts de Saint-Joseph, le géranium, le thé et le curcuma occupent des parcelles bien plus petites qu’un champ de canne. Le Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km, rassemble une bonne partie de ces plantes ; ses jours d’ouverture se vérifient avant de s’y rendre.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
Le littoral du Baril, à 2,6 km de la maison : ici, la bande côtière porte du vacoa, pas de la canne. C’est la végétation qui pousse sur un sol jeune et salé, là où aucune machine ne passerait.

Une des quatre chambres porte le nom de la plante qui a fait la réputation de cette côte : La Vanille, trois personnes avec lit bébé possible, vue sur le jardin.

La voir sans en faire une excursion

La canne n’est pas un site touristique : pas de parking aménagé, pas de panneau, pas de sentier d’interprétation. C’est un espace de production, traité comme tel. Ce qui marche, c’est de prendre de la hauteur : les routes qui montent depuis Saint-Joseph gagnent en altitude en quelques minutes et donnent la vue d’ensemble que le littoral ne donne jamais — les parcelles en damier, les ravines qui les découpent, la mer au fond.

Stella Matutina, le musée installé dans une ancienne usine sucrière, est à Saint-Leu, dans l’Ouest. Depuis ici, c’est une journée complète : à intégrer à une traversée de l’île, pas à ajouter à un programme déjà chargé.

Pour le reste, la maison ne bouge pas : quatre chambres climatisées, chacune avec sa salle d’eau et ses toilettes privatives, le linge fourni, le petit déjeuner compris et le même prix toute l’année, y compris en juillet et pendant les fêtes. Le détail est sur la page tarifs.

Questions fréquentes

Peut-on entrer dans un champ pour faire une photo ?

Non. Ce sont des parcelles privées et cultivées, et les chemins qui les traversent sont des voies d’exploitation utilisées par des engins. On se range sur un accotement large, on photographie depuis le bord de la route et on laisse le passage libre. Pendant la coupe surtout : un tracteur chargé peut déboucher d’un chemin sans prévenir.

Voit-on la mer par-dessus les champs ?

Par endroits seulement. Une canne mûre dépasse largement la hauteur d’une voiture et ferme complètement l’horizon sur les portions plates. La vue revient dans les passages en surplomb et juste après la coupe. C’est pour cela que la même route ne donne pas du tout le même paysage selon le moment de l’année.

Peut-on visiter une sucrerie ou une distillerie depuis Saint-Philippe ?

Cela demande de partir vers l’ouest : les sites sont au-delà de Saint-Pierre, donc au minimum les 29,6 km et 37 minutes qui nous séparent du centre-ville, plus la route ensuite. C’est donc une demi-journée au moins, à caler le matin. Ce qui s’ouvre au public, et à quelles conditions, dépend de la campagne sucrière : cela se vérifie directement auprès du site avant de prendre la voiture.

Y a-t-il de la canne accessible à pied depuis la maison ?

Non. Autour de nous, le littoral du Baril porte du vacoa, de la lave et de la forêt ; le Puits des Anglais est à 2,6 km. Les premières parcelles de canne demandent la voiture, en direction de Saint-Joseph.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Ici, les premières parcelles de canne sont du côté de Saint-Joseph, à 12,6 km ; devant la porte, c’est le vacoa et la lave. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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