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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation

Le carnet S'informer

Coulées de lave du Sud-Est de La Réunion : où les voir

8 min de lecture

Les coulées de lave du Sud-Est se traversent en voiture, sur la route nationale entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, et elles sont datées : 1977 à Piton Sainte-Rose, 1986 à la Pointe de la Table, 2007 dans le Grand Brûlé. Le premier littoral de lave est à 8,9 km d’ici, au Cap Méchant, et il se visite sans guide ni matériel. Les tunnels de lave, eux, ne se visitent qu’avec un guide.

Pourquoi le sol est plus jeune ici qu’ailleurs sur l’île

Le Piton de la Fournaise occupe le sud-est de l’île, et l’enclos qui l’entoure — cette grande dépression en fer à cheval — est ouvert du côté de la mer. Quand le volcan sort de la lave, elle descend le plus souvent par là, sur une pente nue qui rejoint l’océan entre Saint-Philippe et Sainte-Rose : le Grand Brûlé. Le nom n’a rien de littéraire, c’est ainsi qu’on appelle ici les versants passés au feu.

Quand une coulée atteint la mer, l’île s’agrandit. C’est arrivé plusieurs fois en quelques décennies, et la côte, à cet endroit, ne ressemble à aucune autre partie de La Réunion.

Les éruptions restent presque toujours dans l’enclos. Presque. Deux d’entre elles en sont sorties et ont marqué la région : en avril 1977, la lave est descendue dans le village de Piton Sainte-Rose, où elle a contourné l’église ; en mars 1986, elle a coupé la route nationale au sud de Saint-Philippe, à la Pointe de la Table, et gagné du terrain sur l’océan.

Lire l’âge d’une coulée à ce qui pousse dessus

Aucun panneau ne l’indique à chaque virage, mais la végétation fait le travail. Une coulée récente est noire et nue. Viennent d’abord les lichens et les mousses, puis les fougères dans les creux où l’humidité tient, puis les arbustes, enfin les arbres. Le passage du sol noir à la forêt fermée ne se compte pas en années mais en siècles.

C’est pourquoi la même route traverse, en quelques kilomètres, un désert de pierre et une forêt dense. La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km de la maison, est ce que devient une coulée qu’on laisse tranquille très longtemps : l’une des dernières forêts tropicales humides de basse altitude de l’île.

Deux surfaces se distinguent à l’œil nu, et elles ne se marchent pas de la même façon. La lave cordée est lisse, plissée comme un cordage : elle se marche, elle glisse quand elle est mouillée. Les gratons sont des blocs de scories anguleux qui roulent sous le pied et abîment une semelle souple. Les deux sortent parfois de la même éruption, à quelques mètres d’écart.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé. Le vert marque les coulées les plus anciennes, le noir celles que la végétation n’a pas encore reprises.

Les endroits où la lave se voit depuis la route

Le Cap Méchant, à 8,9 km et douze minutes de route, est le plus accessible : des falaises de lave noire, l’océan qui frappe dessous, un sentier littoral et une forêt de vacoas. On y va sans préparation, et l’on comprend en dix minutes ce qu’est cette côte — pas de sable, pas de lagon, de la pierre.

La Pointe de la Table, au sud de Saint-Philippe, est le terrain gagné par la coulée de 1986 : la plateforme sur laquelle on marche n’existait pas avant cette date. C’est l’endroit le plus concret pour se figurer une île en train de se faire.

Le Grand Brûlé se traverse sur la route de Sainte-Rose. La chaussée franchit les coulées les unes après les autres, et des panneaux en donnent l’année au bord de la route. On la passe avant d’atteindre l’Anse des Cascades, à 33,4 km, et Notre-Dame des Laves, à 37,9 km, l’église que la coulée de 1977 a contournée. Le reste du secteur est décrit sur la page que faire à Saint-Philippe.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant, à 8,9 km : la falaise est une coulée ancienne que la mer découpe par en dessous. On ne se baigne pas ici, et le sentier reste à distance du bord quand la houle monte.

Le tunnel de lave, la seule façon d’entrer dedans

Une coulée qui avance se refroidit en surface. La croûte durcit, la lave continue de couler dessous, et quand l’éruption s’arrête, le conduit se vide. Reste une galerie, avec des coulures figées aux parois et un sol qui a gardé la forme du dernier écoulement. Saint-Philippe et Sainte-Rose en comptent plusieurs.

Cela ne se visite pas seul. On entre accompagné d’un guide professionnel, casque et frontale obligatoires, et la sortie se réserve à l’avance. Trois réserves avant de vous décider : il faut se baisser, parfois ramper ; la roche abîme les vêtements ; et si les espaces fermés vous mettent mal à l’aise, ce n’est pas la sortie pour vous en guérir. On en ressort poussiéreux, ce qui explique pourquoi la piscine du jardin sert autant les jours de tunnel que les jours de plage.

L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation
L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe. La lumière du fond est celle de l’entrée : au-delà, il n’y en a plus.

Ce que vous ne verrez pas : de la lave rouge

Les coulées dont il est question ici sont froides depuis longtemps, et l’on marche dessus comme sur n’importe quelle roche. Voir de la lave en fusion suppose une éruption en cours, et les éruptions ne suivent aucun calendrier. Quand il y en a une, l’accès au secteur est le plus souvent restreint par arrêté, et les points d’observation autorisés sont fixés au cas par cas.

Le cratère, lui, n’est pas dans le voisinage. Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos, est à 77,5 km de la maison et à environ deux heures de route. C’est une journée entière, avec un départ avant le jour, pas une extension d’après-midi après le Cap Méchant.

Dormir entre le Cap Méchant et le Grand Brûlé

Coco Vanille est à Saint-Philippe, entre les deux : le Cap Méchant à 8,9 km d’un côté, la route des coulées de l’autre. Quatre chambres, chacune avec sa salle d’eau et ses toilettes privatives, climatisées, linge fourni, petit déjeuner compris. Le tarif est le même toute l’année, sans haute saison, et il est affiché sur la page tarifs.

Deux détails qui comptent pour ce genre de séjour. Les journées de lave se font le matin ; le petit déjeuner se prend sur la varangue, qui reste ouverte ensuite avec son réfrigérateur, son micro-ondes et sa vaisselle — de quoi rapporter un plat et dîner sur place les soirs où l’on rentre tard de Sainte-Rose. Et il y a une piscine dans le jardin, à laquelle Le Coco donne directement.

Questions fréquentes

Peut-on marcher sur les coulées sans guide ?

Sur les sentiers balisés du littoral, oui : le Cap Méchant et le bord de mer du Baril se parcourent seul. S’engager hors sentier sur une coulée est une autre affaire — sol irrégulier, croûte qui peut sonner creux, ni ombre ni eau, et l’on perd vite le sens des distances sur une surface uniforme. Les tunnels, eux, ne se visitent jamais sans guide.

Quelles chaussures faut-il prévoir ?

Des chaussures fermées à semelle épaisse. Les gratons sont coupants et abrasifs : une paire de toile s’y use en une sortie, et les sandales sont à exclure. Pour le tunnel, prévoyez en plus des vêtements que vous accepterez de voir tachés.

Combien de temps prend la traversée jusqu’à Sainte-Rose ?

Environ trois quarts d’heure sans arrêt depuis la maison : l’Anse des Cascades est à 33,4 km et 43 minutes, Notre-Dame des Laves à 37,9 km et 47 minutes. Avec les arrêts en bord de route, la traversée occupe facilement une demi-journée, et c’est le rythme qui lui convient.

Est-ce une sortie qui convient aux tout-petits ?

Les points de vue du bord de route, oui, sans difficulté. La marche sur la lave, non : le sol est instable pour de petites jambes, et un porte-bébé fatigue vite sur ce terrain. Les tunnels imposent de se baisser et de ramper par endroits, ce qui les met hors de portée des plus jeunes.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, entre le Cap Méchant à 8,9 km et la route des coulées, pour partir le matin sans avoir une heure de voiture avant la première pierre noire. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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