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Randonnée du cratère Dolomieu : accès, difficulté, vue
La randonnée du cratère Dolomieu part du Pas de Bellecombe, à 77,5 km de la maison et environ deux heures de route : c’est une journée entière, pas une sortie d’après-midi. La marche n’a rien de technique — aucun passage exposé, aucune escalade — mais elle est longue, entièrement sur de la lave nue, sans ombre ni point d’eau, et elle se joue le matin, avant que les nuages ne remontent.
Deux heures de route, et pas par la côte
Le volcan est derrière nous, au sens propre : ses coulées descendent jusqu’à l’océan dans le Grand Brûlé, que la route du littoral traverse au nord du bourg. On touche donc la lave du Piton de la Fournaise à quelques minutes de nos chambres à Saint-Philippe. Mais aucune route ne relie cette côte au sommet.
Pour atteindre le Dolomieu, il faut remonter par les Hauts. Bourg-Murat, sur la Plaine des Cafres, est à 53,8 km et un peu plus d’une heure : c’est là que la route du Volcan quitte la nationale. Les vingt-quatre kilomètres qui restent prennent presque autant de temps que les cinquante-quatre premiers — route étroite, montée, traversée de la Plaine des Sables. Au total 77,5 km et environ deux heures, dans un sens ; distances mesurées, durées indicatives.

L’itinéraire, du parking au rebord du cratère
Depuis le parking du Pas de Bellecombe, le belvédère s’atteint sans marcher. De là on voit l’enclos Fouqué en entier, le cône du Piton de la Fournaise au fond et le sentier qui traverse la plaine de lave. Beaucoup de visiteurs s’arrêtent là, et ce n’est pas un mauvais calcul : c’est la vue la plus large de la journée, sans y passer la journée.
La randonnée, elle, commence par une descente. Un escalier métallique accroché au rempart fait passer du belvédère au fond de l’enclos. En bas, le balisage se réduit à des taches de peinture blanche posées à même la lave : pas de chemin creusé, pas de panneau. On passe au pied du Formica Leo, un petit cône de scories rouges ouvert en deux, puis, selon la variante, devant la Chapelle de Rosemont, avant d’attaquer la montée du cône terminal.
Le rebord se gagne par le nord ou par le sud selon la variante. Le cratère ne se descend pas : on marche sur son bord, derrière la limite matérialisée. Le retour emprunte le même itinéraire, et l’escalier du rempart se remonte à la fin, quand les jambes sont faites : c’est le passage dont tout le monde se souvient.
Ce qui rend la marche difficile
Aucune difficulté technique sur ce parcours. Ce qui pèse, c’est l’accumulation de cinq choses.
- Le sol. Lave cordée, blocs, gratons : irrégulier et abrasif. Ça use les semelles et sanctionne les chevilles. Des baskets de ville ne tiennent pas la journée.
- Le soleil. Pas un arbre, pas un rocher assez haut pour s’abriter, et de l’altitude en plus. Ça brûle plus vite qu’au bord de mer, y compris quand l’air reste frais.
- Le froid et le vent. On peut grelotter au petit matin là-haut alors qu’on était en tee-shirt au Baril la veille. Polaire et coupe-vent ne sont pas du luxe.
- L’eau. Il n’y a aucun point d’eau dans l’enclos. Tout ce que vous buvez, vous le portez depuis la voiture.
- Le brouillard. C’est le vrai danger. Quand les nuages remontent, les taches blanches disparaissent à quelques mètres. On fait demi-tour, et cela n’a rien d’un échec.
Nous ne recopions pas de mémoire un temps de marche : il varie avec la variante et l’état du sentier, et c’est l’affichage officiel au départ qui fait foi. Retenez le format : on part d’ici avant le jour, on marche le matin, on rentre en début d’après-midi.
Cette sortie ne convient pas à tout le monde. Elle est trop longue pour de jeunes enfants, exigeante pour qui ne marche pas régulièrement, et elle mange une journée complète : sur trois nuits dans le Sud, un tiers du séjour. Avec des petits, la version courte décrite plus bas rend mieux service ; Le Bambou, trois personnes et un lit bébé, est faite pour ces séjours-là.
Ce qu’on voit là-haut
L’enclos Fouqué est une dépression fermée par des remparts, dans laquelle le volcan se vide depuis des siècles. Le sol y raconte les éruptions les unes après les autres : coulées lisses et plissées à côté de champs de blocs coupants, noirs récents contre bruns anciens, îlots de végétation épargnés.
Le Dolomieu lui-même est un trou large aux parois verticales, ouvert au sommet du cône. Son fond s’est effondré en 2007 : de là sa profondeur et ses strates apparentes. On en fait le tour partiellement, à distance du bord.
Ce qu’on ne voit pas, c’est de la lave. Les éruptions ne se planifient pas, et quand il y en a une, l’accès au Pas de Bellecombe est le plus souvent fermé au public. Monter pour marcher dans l’enclos est un projet réaliste ; monter pour voir couler de la lave n’en est pas un.
Ce qui se vérifie la veille
Trois vérifications, et elles se font depuis la varangue, pas au parking.
L’accès peut être fermé par arrêté, en cas d’éruption comme de mauvais temps : l’information est publiée par la préfecture et par le Parc national, et elle prime sur le reste. La météo du volcan n’a rien à voir avec celle du bord de mer : il peut faire grand beau au Baril et être bouché au Pas de Bellecombe. Enfin, au-delà de la Plaine des Cafres, la route ne dessert plus rien — ni commerce, ni carburant, ni réseau fiable. On fait le plein avant de monter.
Si le sommet est bouché, la journée n’est pas perdue : la traversée de la Plaine des Sables vaut le déplacement à elle seule. Et il reste tout ce qu’il y a à faire près d’ici — le Cap Méchant à 8,9 km, la forêt de Mare-Longue à 11,7 km, la cascade de Grand Galet à 18 km.
Organiser la journée depuis Saint-Philippe
Partir avant le jour veut dire partir avant le petit déjeuner, qui se prend sur la varangue. Au retour, cette même varangue règle la question du dîner : réfrigérateur, micro-ondes et vaisselle sont à disposition, on rapporte quelque chose du bourg et on mange sur place sans reprendre la voiture. Après une journée de lave et de soleil, c’est plus réaliste que de ressortir.
La piscine du jardin sert beaucoup ces soirs-là, et Le Coco, qui y donne directement, évite de traverser la maison pour s’y tremper.
Si le volcan ne rentre pas dans votre semaine, la lave reste à portée : les tunnels de lave de Saint-Philippe se visitent avec un guide, et racontent la même histoire par en dessous.

Questions fréquentes
Peut-on descendre dans le cratère Dolomieu ?
Non. La descente dans le cratère est interdite et la limite est matérialisée sur le terrain. Ce qui se fait, c’est la marche jusqu’au rebord, et son parcours partiel. Les parois sont instables depuis l’effondrement de 2007.
Faut-il un guide pour cette randonnée ?
Le sentier est balisé et se suit seul par temps clair. Un accompagnateur sert à deux choses : lire le terrain quand la visibilité tombe, et raconter ce qu’on regarde. Partir seul un jour de brouillard annoncé, en revanche, n’est pas raisonnable.
Est-ce faisable avec des enfants ?
La randonnée complète, non, sauf pour des adolescents habitués à marcher. Il existe une version courte qui fonctionne bien : descendre l’escalier du rempart, aller jusqu’au Formica Leo, remonter. On est dans l’enclos, on marche sur la lave, et on ne s’engage pas pour la journée.
Vaut-il mieux dormir dans les Hauts pour faire le volcan ?
Si le volcan est la raison principale de votre voyage et que vous comptez y monter plusieurs fois pour jouer avec la météo, une nuit à la Plaine des Cafres vous fera gagner du temps — nous le disons volontiers. Pour une journée parmi d’autres, partir d’ici fonctionne, à condition de partir tôt.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, à deux heures de route du Pas de Bellecombe, avec une varangue commune pour dîner au retour du volcan sans ressortir. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


