
Le carnet S'informer
Nord, Ouest, Sud, Est : comprendre les quatre Réunion
Les quatre côtés de La Réunion ne se distinguent pas d’abord par le paysage, mais par la pluie et par le récif. L’Ouest est sec et abrité derrière un lagon, l’Est reçoit l’eau des alizés et n’a pas de plage, le Sud est fait de lave et de forêt, le Nord tient dans une ville. Le milieu, cirques et volcan, n’appartient à aucun des quatre et se rejoint par des routes qui montent depuis la côte.
Le découpage sert surtout à choisir où poser sa base.
Ce qui sépare les quatre côtés
Les alizés soufflent presque toute l’année depuis le sud-est. Ils arrivent chargés d’humidité, butent sur le relief et lâchent leur eau sur la première pente : c’est la côte au vent, de Saint-Benoît à Saint-Philippe. Ce qui reste franchit les montagnes et redescend sec sur la côte sous le vent, celle de Saint-Gilles et de Saint-Leu.
La seconde différence tient au récif corallien, installé sur la seule façade ouest, la plus abritée, de Boucan Canot à L’Étang-Salé. Là où il y a un récif, il y a un lagon, donc de l’eau calme et peu profonde, donc des plages, donc des hôtels. Partout ailleurs, l’océan arrive directement sur la roche. Presque tout le reste découle de ces deux faits.
Les quatre côtés, un par un
L’Ouest : le lagon, et ce qui va avec
C’est la façade balnéaire : Saint-Gilles, l’Hermitage, La Saline, Saint-Leu. On s’y baigne dans le lagon, on y trouve le plus de restaurants et de sorties en mer, et c’est le secteur le plus cher pour se loger. Les week-ends et les vacances scolaires, les plages sont prises par toute l’île, pas seulement par les visiteurs. Si vous venez pour la plage, le séjour se joue là ; sinon, l’Ouest se visite à la journée.
Le Sud : la lave, la forêt, pas de lagon
De Saint-Joseph à Sainte-Rose, la côte est noire et l’océan tape directement sur le basalte. On s’y baigne dans des bassins aménagés plutôt que sur des plages : le Puits des Anglais au Baril, à 2,6 km d’ici, ou Manapany-les-Bains, à 16,1 km. Le reste se joue à l’intérieur des terres : la forêt de Mare-Longue et son sentier botanique à 11,7 km, la cascade de Grand Galet à 18 km, le Cap Méchant à 8,9 km, le Jardin des Parfums et des Épices à 5,9 km. Le tout tient dans une demi-heure de voiture, ce qui est rare ailleurs sur l’île ; le détail est sur la page que faire à Saint-Philippe.

L’Est : l’eau, et la route des laves
L’Est est la façade la plus verte et la plus arrosée, et il n’y a pas de lagon non plus. En revanche il y a de l’eau partout : des cascades en bord de route, des rivières larges, de la canne et de la vanille. Depuis Saint-Philippe, la route du littoral traverse d’abord le Grand Brûlé, où les coulées du Piton de la Fournaise sont descendues jusqu’à la mer et ont coupé la nationale à plusieurs reprises. Viennent ensuite l’Anse des Cascades, à 33,4 km, puis Notre-Dame des Laves, l’église que la lave a contournée, à 37,9 km. Saint-Benoît est à 56,9 km, un peu plus d’une heure.

Le Nord : la ville
Le Nord, c’est Saint-Denis : préfecture, commerces, université, et l’architecture créole de la rue de Paris. L’aéroport Roland-Garros est juste à côté, à Sainte-Marie. Depuis Saint-Philippe, comptez 87,6 km et environ une heure et demie de route. Peu de visiteurs y dorment au-delà de la première ou de la dernière nuit : la ville se visite en une demi-journée.
Le milieu n’est dans aucun des quatre
Les trois cirques — Salazie, Cilaos, Mafate — et le volcan ne se rattachent à aucune côte. Chaque cirque a sa propre route depuis le littoral et il n’existe pas de traversée : passer de Cilaos à Salazie oblige à redescendre et à refaire le tour par le bas. Mafate n’a pas de route du tout ; on y entre à pied ou en hélicoptère.
Le volcan se rejoint par la Plaine-des-Cafres puis la route du volcan. Depuis la maison, Bourg-Murat est à 53,8 km et un peu plus d’une heure, le Pas de Bellecombe à 77,5 km et environ deux heures. Ce n’est pas la porte à côté, même en dormant dans le Sud : c’est une journée entière, à commencer tôt parce que les nuages remontent en fin de matinée, et l’accès ferme pendant les éruptions et par mauvais temps. Pour les soirs où l’on rentre tard, la varangue commune est équipée d’un réfrigérateur, d’un micro-ondes et de la vaisselle : on dîne sur place sans avoir à ressortir.
Une base, ou deux
La vraie question n’est pas quel côté est le plus beau, mais combien de fois vous acceptez de déménager. L’île se traverse lentement : la route fait le tour par le littoral, elle ne coupe nulle part, et les entrées de Saint-Denis et de Saint-Pierre se bouchent aux heures de pointe.
Depuis Saint-Philippe, en distances routières mesurées : Saint-Joseph 12,6 km (18 min), Saint-Pierre 29,6 km (37 min), l’aéroport de Pierrefonds 39,7 km (49 min), Saint-Benoît 56,9 km (1 h 10), Roland-Garros 87,6 km (1 h 33). Autrement dit : le Sud proche en moins d’une demi-heure, l’Est dans la journée, l’Ouest et le Nord au bout d’une longue route. Deux bases, une de chaque côté, évitent de refaire la même route ; une seule au Sud suffit si le programme est surtout nature.
Ici, les quatre chambres ont chacune leur salle d’eau et leurs toilettes, la climatisation et le linge fourni ; le petit déjeuner est compris et le tarif ne bouge pas selon la saison. Le Coco donne directement sur la piscine, ce qui règle la fin des journées de route.
Ce que ce découpage ne dit pas
Il est commode, il n’est pas exact. Trois réserves :
- Les microclimats l’emportent souvent sur la règle générale. Il peut pleuvoir sur une commune et pas sur la suivante, et les Hauts d’une façade ne ressemblent pas à ses Bas : le Maïdo, au-dessus de l’Ouest sec, est un endroit froid.
- La saison compte autant que le côté. L’été austral est chaud et humide sur toute l’île, l’hiver plus sec et plus frais, y compris là où il pleut le reste de l’année.
- La baignade en mer est réglementée hors du lagon et des zones surveillées, sur une grande partie du littoral. On se renseigne sur place avant d’entrer dans l’eau, quel que soit le côté.
Questions fréquentes
Peut-on faire le tour de l’île en une journée ?
La route fait le tour, donc c’est faisable. Mais la journée y passe en entier, avec très peu d’arrêts. Le tour se tient mieux en deux ou trois jours, avec une nuit sur le trajet.
Faut-il louer une voiture ?
Pour le Sud et l’Est, oui. Les lignes de car interurbaines desservent le littoral, mais leurs horaires sont faits pour les trajets domicile-travail, pas pour aller voir une cascade en milieu de journée. Sans voiture, on dépend de ce qui est accessible à pied.
Sur quel aéroport atterrit-on ?
Les vols long-courriers arrivent à Roland-Garros, dans le Nord, à Sainte-Marie. Pierrefonds, près de Saint-Pierre, sert surtout les lignes régionales. Depuis Saint-Philippe, Roland-Garros est à 87,6 km, environ 1 h 33, et Pierrefonds à 39,7 km, 49 minutes : quand le vol le permet, arriver par le Sud change la première journée.
Est-ce qu’il pleut vraiment tout le temps à l’Est et au Sud-Est ?
Il y pleut plus que dans l’Ouest, et c’est ce qui rend la région verte. Mais la pluie tombe le plus souvent l’après-midi et sur les Hauts : les matinées sont fréquemment dégagées sur le littoral. La règle vaut pour nous aussi : ce qu’on veut voir, on le voit le matin.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ?
Depuis Saint-Philippe, les sites du Sud sont à moins d’une demi-heure de voiture et l’Est se fait dans la journée, sans refaire deux fois la même route.
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