
Le carnet S'informer
Le 20 décembre à La Réunion : la fête de la liberté
Le 20 décembre commémore l’abolition de l’esclavage à La Réunion, proclamée ce jour-là en 1848. C’est un jour férié dans le département et la plus grande fête populaire de l’île : elle se passe dans les cours, sur les places et dans les salles communales, pas dans les lieux touristiques. La suite dit ce que la date recouvre et ce qu’elle change à votre séjour si vous êtes là ce jour-là.
1848 : le décret en avril, la liberté en décembre
Le décret d’abolition est signé à Paris le 27 avril 1848, sur le rapport de Victor Schœlcher. Entre cette signature et son application ici, il se passe près de huit mois. Sarda Garriga, envoyé comme commissaire général de la République, débarque à l’automne et fixe la date au 20 décembre : le temps, explique-t-il, de rentrer la récolte et de mettre en place les contrats de travail qui suivront. Le 20 décembre 1848, l’esclavage est aboli dans l’île : des dizaines de milliers de personnes changent de statut le même jour. L’île s’appelait encore Bourbon quelques mois plus tôt ; elle a repris le nom de La Réunion la même année.
La suite est moins nette que la date. Les affranchis deviennent des travailleurs pauvres, sans terre, et pour remplacer la main-d’œuvre dans les champs de canne on fait venir des engagés sous contrat, d’Inde surtout, puis d’Afrique de l’Est et de Chine — un système qui a eu ses propres abus. 1848 est une rupture réelle, pas une fin de l’histoire : le 20 décembre est une fête et une commémoration à la fois, et personne ici ne trouve cela contradictoire.
Fêt Kaf, fête de la liberté : plusieurs noms pour la même date
Vous entendrez surtout « Fêt Kaf », le nom courant en créole. « Kaf » désigne les Réunionnais descendants des Africains et des Malgaches, et une partie de l’île estime que ce nom rétrécit une date qui concerne tout le monde ; d’autres l’assument comme un nom de fête, pas comme une définition. On dit aussi « fête de la liberté », ou simplement « le vingt décembre ». Le débat est ancien, il n’est pas tranché, et les trois formulations circulent souvent chez les mêmes personnes.
Le statut, lui, est clair : la date est fériée à La Réunion depuis 1983. Cela ne change rien à l’ambiance de la journée, mais beaucoup à votre organisation.
Ce qui se passe ce jour-là
L’essentiel se joue en kabar. Un kabar, c’est un rassemblement où l’on joue et où l’on danse le maloya : le roulèr, ce tambour que l’on chevauche, le kayamb que l’on secoue, des voix qui se répondent, et une soirée qui s’étire sans heure de fin annoncée. Ce n’est pas un spectacle avec un lever et un baisser de rideau. Le maloya, longtemps tenu à l’écart des scènes officielles, est inscrit depuis 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Autour, il y a le reste : des cérémonies officielles le matin dans les communes, des défilés, des expositions, et surtout des repas de famille. On fait un cari, on reçoit, on passe d’une maison à l’autre. Une bonne partie du 20 décembre ne se déroule pas sur une scène mais dans les cours, et cette partie-là ne figure sur aucun programme.
Le programme, justement. Il se décide commune par commune et il change chaque année. Vous ne le trouverez pas ici : nous ne publions ni date, ni horaire, ni lieu, parce qu’une information recopiée une fois sur un blog devient fausse l’année suivante. Elle se demande à la mairie ou à l’office de tourisme du Sud sauvage dans les jours qui précèdent, et elle s’affiche sur place. Ce qu’il y a à voir dans le secteur le reste de l’année est sur la page que faire à Saint-Philippe.
Ce qui est ouvert, ce qui ne l’est pas
Traitez le 20 décembre comme un dimanche renforcé. Les administrations sont fermées, une partie des commerces aussi, d’autres ouvrent en horaires réduits, et cela ne se devine pas à l’avance. Nous n’affichons volontairement aucun horaire : ils varient d’un commerce à l’autre et d’une année sur l’autre.
Le réflexe qui sert est simple : faire ses courses et le plein de carburant la veille. Dans le Sud sauvage, les commerces sont espacés — le premier pôle en partant d’ici est Saint-Joseph, à 12,6 km, et Saint-Pierre est à 29,6 km, soit trente-sept minutes de route. Une course oubliée coûte une demi-heure aller, autant au retour, et encore faut-il tomber sur un magasin ouvert.
Le soir, c’est la varangue commune qui règle la question du dîner : réfrigérateur, micro-ondes, vaisselle. On rapporte ce qu’on a acheté dans la journée, on réchauffe, on mange sur place sans reprendre la voiture. C’est aussi là que se prend le petit déjeuner, servi tous les jours de l’année. Et si vous rentrez tard d’un kabar, les routes du Sud sont étroites et mal éclairées : la sobriété au volant n’est pas négociable ce soir-là.

Venir sur l’île autour du 20 décembre
La date tombe en plein été austral. Il fait chaud et humide, les averses sont fortes et courtes, la saison cyclonique court de novembre à avril, et l’île n’est jamais aussi verte qu’à ce moment-là. C’est aussi la saison des litchis, qui arrivent pour les fêtes, et une période de forte demande : vacances scolaires, retours en famille, tout le monde se déplace en même temps.
Sur l’hébergement, cela se lit d’ordinaire sur les tarifs, la plupart des maisons de l’île appliquant une haute saison sur cette période. Ici, non : le prix est le même toute l’année, petit déjeuner compris, et il est affiché sur la page tarifs. Le seul supplément est la taxe de séjour, 0,80 € par personne et par nuit, inchangée depuis 2019.
Deux détails pèsent en décembre. Les quatre chambres sont climatisées, ce qui n’a rien d’un luxe entre décembre et mars. Et la piscine du jardin sert tous les jours, y compris quand la houle ferme les bassins du littoral : Le Coco y donne directement.

Questions fréquentes
Peut-on aller à un kabar quand on n’est pas d’ici ?
Oui. Les rassemblements publics du 20 décembre sont ouverts, et le plus souvent gratuits. La seule chose à comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas d’un spectacle monté pour les visiteurs : on y vient pour écouter, on demande avant de photographier des gens, on repart quand on veut. Personne ne viendra vous expliquer ce qui se passe, et ce n’est pas de la froideur.
Arriver sur l’île le 20 décembre, est-ce une bonne idée ?
C’est faisable, mais ce n’est pas la journée la plus simple pour un premier jour. L’aéroport Roland-Garros est à 87,6 km de la maison, soit un peu plus d’une heure et demie de route, et vous arriverez un jour férié, avec des commerces fermés et une circulation dense en soirée. Si vous avez le choix des dates, arriver la veille ou le lendemain rend cette première nuit nettement plus reposante.
Faut-il comprendre le créole pour suivre ?
Non, et vous ne comprendrez pas tout : le maloya se chante en créole, souvent sur des textes anciens. Cela n’a jamais empêché personne d’y passer la soirée. Dans les échanges du quotidien, tout le monde parle français, et la question ne se pose pas.
Est-ce que la journée se fait avec de jeunes enfants ?
Une partie, oui : les animations de plein air se vivent en famille, et beaucoup de familles réunionnaises viennent avec les enfants. Les kabars du soir, c’est autre chose — cela commence tard, c’est fort, et cela dure. Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé, de quoi couper la journée par une sieste plutôt que de tout jouer sur la soirée.
Le 20 décembre se fête-t-il autant dans le Sud sauvage qu’en ville ?
Pas de la même façon. Les grandes scènes sont dans les villes ; ici, c’est plus petit et plus familial. Si vous cherchez une soirée de grande ampleur, il faudra rouler — Saint-Pierre est à 29,6 km. Si vous cherchez à voir comment la date se vit, le Sud sauvage est un meilleur poste d’observation.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, petit déjeuner compris, et une varangue commune pour dîner sur place le soir d’un jour férié. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


