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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan

Le carnet S'informer

Pique-niquer à La Réunion : la tradition du kari partagé

8 min de lecture

Un pique-nique réunionnais dure la journée entière : on arrive tôt pour avoir une table sous les arbres, on mange un kari vers midi, on ne range qu’en fin d’après-midi. Ce n’est pas une pause déjeuner mais la sortie familiale la plus répandue de l’île, et le dimanche les sites aménagés sont pris dès le petit matin.

Voici comment la journée se déroule, où s’installer dans le Sud sauvage, et ce qui change quand on est de passage.

Une journée, pas un déjeuner

Le dispositif se voit au déchargement de la voiture : marmites, glacière, chaises pliantes, nappe, souvent une bâche, parfois un hamac. L’objectif de la matinée, c’est la table de béton sous son toit — le kiosque. Elle ne se réserve pas, elle appartient au premier qui l’occupe, et une nappe étalée dessus suffit à dire qu’elle est prise.

Ensuite, rien n’est minuté : on installe, on mange vers midi, on joue aux dominos, on repart quand la lumière baisse. Trois générations sur le même site, une sono qui n’est pas discrète, des enfants qui circulent d’une table à l’autre. C’est bruyant, et c’est le principe.

Pour un visiteur, l’information utile est ailleurs : en semaine, ces mêmes sites sont presque vides. Le dimanche donne le spectacle, le mardi donne la place.

Ce qu’il y a dans la marmite

Le kari est un plat mijoté : une viande ou un poisson revenu avec oignon, ail, gingembre, curcuma — le safran péi — et tomate. Poulet, canard, boucané, saucisses fumées, thon, camarons, selon ce qu’on a trouvé le matin. Il se cuit sur place, ou se transporte déjà cuit.

Autour, l’architecture ne varie pas : du riz en quantité, un plat de grains — lentilles, haricots rouges ou blancs —, un rougail, qui est un condiment cru à la tomate et au piment, et souvent des brèdes ou des achards. Le piment se sert à part et n’est pas dosé pour vous : goûtez petit avant de vous servir.

Sans marmite ni feu, la solution locale est la boîte. Les gargotes et les traiteurs vendent le kari à emporter, riz compris. Les prix et les jours varient d’une adresse à l’autre : cela se demande sur place, et de préférence la veille.

Où l’on pique-nique dans le Sud sauvage

Une précision d’abord, parce qu’elle change tout : de ce côté de l’île, il n’y a ni lagon ni plage de sable. Les aires de pique-nique sont posées sur la lave, à l’ombre des vacoas et des filaos, face à un océan qui frappe le rocher.

Sur le littoral

Le Cap Méchant, à 8,9 km de la maison et une douzaine de minutes de route, est la référence du secteur : une forêt de vacoas sur des falaises de lave noire, avec des tables et des kiosques. Le vent y souffle en permanence : il règle la question de la chaleur et pose celle des nappes. Le dimanche, il est plein.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant, à 8,9 km de la maison. La bande verte qui borde les falaises est la forêt de vacoas : c’est là que sont les tables.

Plus près, le Puits des Anglais, au Baril, est à 2,6 km, cinq minutes de route : un bassin aménagé en bord d’océan, avec de l’ombre autour. L’Anse des Cascades, à 33,4 km et environ trois quarts d’heure, est l’autre grand site de la côte, sous les cocotiers — une sortie de la journée entière, pas un repli de dernière minute.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
La forêt de vacoas du littoral du Baril, à côté du Puits des Anglais. C’est cette ombre-là qu’on cherche : la côte est en basalte de bout en bout, on pique-nique sous les arbres et pas sur le sable.

Au bord de l’eau douce

La route de la rivière Langevin, qui remonte jusqu’à la cascade de Grand Galet à 18 km, est bordée de bassins et de tables. C’est le secteur le plus fréquenté du Sud, et celui qui demande le plus de prudence : une rivière monte vite quand il pleut en amont, même s’il fait beau en bas, et les radiers se coupent. On ne s’installe pas dans le lit d’une rivière un jour de pluie annoncée.

Manapany-les-Bains, à 16,1 km, a un bassin de mer aménagé et de l’ombre autour : c’est le compromis quand on veut se baigner sans dépendre de la houle du jour.

Sous les arbres

La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km, est l’option des journées de grand soleil : on y reste à l’ombre du matin au soir. Tout n’y est pas aire de pique-nique — c’est une relique de forêt tropicale protégée, on reste sur les aménagements et sur les sentiers balisés. Le reste de ce qu’il y a autour est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Les règles que personne n’écrit sur un panneau

  • Une table occupée l’est vraiment. Une glacière posée, une nappe étalée, et le site est pris même si personne n’est assis.
  • Le feu, seulement là où il est prévu. Des foyers existent sur certains sites. Ailleurs, on n’en fait pas, et en période sèche un arrêté peut l’interdire partout — cela se vérifie avant de partir avec du charbon dans le coffre.
  • On dit bonjour. En arrivant, aux tables voisines. C’est court, et cela change la journée.
  • On remporte tout. Un sac-poubelle dans le coffre fait partie du matériel, au même titre que la glacière.
  • Le matin est le créneau fiable. Sur cette côte, le ciel se charge souvent en cours de journée, et tout ce qui est léger s’envole dès que le vent monte.

Se ravitailler quand on dort en chambre d’hôtes

Une réserve honnête d’abord : on ne prépare pas un kari à Coco Vanille, il n’y a pas de cuisine à disposition. Ce qu’il y a, c’est la varangue commune, avec réfrigérateur, micro-ondes et vaisselle, et cela règle trois choses.

La glacière se prépare la veille au soir, et les boissons passent la nuit au frais. Ce qui reste du kari de midi ne se jette pas : il se réchauffe le soir sur la varangue, sans reprendre la voiture pour dîner. Et la vaisselle se lave sur place, plutôt que de rentrer avec des boîtes sales.

Les courses, elles, se font le samedi : compter sur un commerce ouvert le dimanche matin dans une commune rurale, c’est prendre un risque inutile.

Plantes en pot et vannerie créole sur la varangue, la liane de jade en arrière-plan
La varangue commune, avec son réfrigérateur, son micro-ondes et sa vaisselle : le kari acheté à midi y finit souvent en dîner.

Le petit déjeuner est compris et se prend à cette même varangue. Pour les familles, Le Bambou accueille trois personnes avec un lit bébé et a sa terrasse extérieure privée : de quoi poser le matériel plein de sel sans le faire traverser la chambre.

Questions fréquentes

Peut-on faire un feu pour cuire son kari sur place ?

Seulement dans les foyers prévus à cet effet, là où il y en a. Ailleurs, non : ces sites sont boisés et le risque d’incendie n’a rien de théorique en saison sèche. Un arrêté préfectoral peut interdire tout feu, y compris là où c’est toléré le reste de l’année. Pour un séjour court, le plus simple est d’acheter le kari déjà cuit.

Faut-il réserver un kiosque ?

Non, cela ne se réserve pas : c’est le premier arrivé. Le corollaire, c’est qu’arriver en fin de matinée sur un site connu un dimanche de beau temps ne sert à rien. Deux parades : viser un site secondaire, ou venir en semaine.

Est-ce qu’on peut se baigner là où on pique-nique ?

Pas partout et pas librement. La baignade en mer est interdite hors des zones surveillées et des bassins aménagés, sur toute la côte, et le Puits des Anglais dépend de la houle du jour. En rivière, un ciel chargé en amont suffit à changer la situation. La piscine du jardin ne pose aucune de ces questions, et Le Coco y donne directement.

Un pique-nique, ça se fait aussi à deux, sans tout ce matériel ?

Oui, et c’est la version la plus simple : une boîte achetée en chemin, deux bouteilles d’eau, une table libre en semaine. Le dispositif complet est celui d’une famille qui passe la journée dehors, pas une obligation.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, à 8,9 km du Cap Méchant, avec une varangue commune où le reste du kari de midi se réchauffe le soir. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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