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Saison des pluies à La Réunion : le vrai et l’exagéré
Oui, il pleut davantage de novembre à avril, et il pleut plus à Saint-Philippe que sur la côte ouest : nous sommes du côté au vent, celui qui reçoit les alizés en premier. Non, il ne pleut pas du matin au soir pendant six mois, et un séjour en été austral n’est pas raté d’avance. Voici ce que la saison change vraiment, et ce qu’on raconte à tort.
Ce que « saison des pluies » veut dire à La Réunion
L’île est dans l’hémisphère sud : l’été va de novembre à avril, l’hiver de mai à octobre. L’été austral est la saison chaude et humide, l’hiver la saison sèche et plus fraîche. La saison cyclonique, elle, court officiellement de la mi-novembre à la fin du mois d’avril.
La géographie compte davantage encore. Les alizés arrivent du sud-est, butent sur les Hauts et déchargent leur eau sur la façade au vent. Saint-Philippe est en plein dedans ; l’Ouest balnéaire, à l’abri derrière le relief, reste sec. Deux communes de la même île vivent souvent deux journées différentes, et c’est vrai toute l’année.
Ce qui est vrai
Il pleut plus, et plus fort. Ce n’est pas un crachin mais une averse dense, souvent en cours de journée, qui tombe et qui passe. Certaines journées sont pluvieuses de bout en bout, et il arrive que cela dure plusieurs jours d’affilée. Ça existe, autant le dire.
L’eau douce devient dangereuse vite. Une rivière qui se trouble monte en amont. On ne s’engage pas dans le lit d’une ravine par temps couvert, on ne se baigne pas dans un bassin après une grosse pluie, et on sort de l’eau avant d’en avoir envie. Cette règle-là ne se négocie pas.
Les Hauts prennent tout. Le littoral peut être dégagé pendant que le volcan et les cirques sont dans le nuage. En été, la couverture nuageuse se forme tôt dans la matinée. Partir avant le lever du jour n’est pas du zèle, c’est la seule façon de voir quelque chose.
Les moustiques sont plus nombreux après les pluies. Un répulsif est plus utile dans la valise qu’un parapluie, et on vide ce qui retient l’eau autour de soi.
L’humidité est constante. Le linge sèche mal, les chaussures de rando encore moins. C’est la première raison pour laquelle les quatre chambres sont climatisées.
Ce qui est exagéré
« Il pleut tout le temps. » Non. La pluie est plus fréquente et plus violente, pas continue. Le schéma le plus courant reste une matinée utilisable et une averse plus tard.
« On va prendre un cyclone. » Une saison cyclonique n’est pas une alerte permanente. Les épisodes qui immobilisent réellement l’île restent rares à l’échelle d’un séjour d’une ou deux semaines. Mais quand une alerte rouge est déclarée, personne ne circule, ni les visiteurs ni nous : le programme saute, et il n’y a rien à négocier avec ça.
« Le Sud sauvage est le point le plus arrosé de l’île. » Les records de pluie de La Réunion se battent dans les Hauts, pas sur le littoral. Le bord de mer de Saint-Philippe est arrosé, il n’est pas noyé.
« On ne peut pas se baigner. » C’est la saison où l’eau de mer est la plus chaude. La baignade en mer est réglementée sur l’île et se pratique dans les bassins aménagés et les zones surveillées : ici, c’est le Puits des Anglais, à 2,6 km, ou Manapany-les-Bains, à 16,1 km. La pluie n’y change rien.
Ce que la pluie fabrique
La question mérite d’être retournée. Le Sud sauvage est vert parce qu’il pleut, et les cascades ne coulent vraiment qu’à cette saison : en hiver, plusieurs d’entre elles sont des filets.

Même chose pour la végétation qui reprend les coulées : au Grand Brûlé, où la lave est descendue jusqu’à l’océan, rien n’est planté. C’est la pluie qui fait le travail.

Ce qu’on fait ici quand la journée tombe à l’eau
La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km, se marche sous couvert : la canopée filtre l’averse, et le sentier botanique est autrement plus beau mouillé que sec. Le Jardin des Parfums et des Épices est à 5,9 km, sous les arbres lui aussi. Le Cap Méchant, à 8,9 km, est spectaculaire précisément quand le temps est mauvais, parce que la houle l’est aussi. Saint-Pierre est à 29,6 km, une quarantaine de minutes de route, pour les demi-journées où plus rien ne tient.
La piscine du jardin se nage très bien sous une averse tiède, ce qui surprend toujours ceux qui arrivent de métropole en décembre. Le Coco y donne directement, ce qui évite de traverser le jardin sous l’eau.
À la maison, la varangue est couverte et ouverte à tous. C’est là qu’on se retrouve quand il pleut.

Le soir, cette varangue règle la question du dîner sous la pluie : on mange sur place ce qu’on a rapporté, sans reprendre la voiture.
À qui cette saison ne convient pas
Elle ne convient pas à qui vient d’abord pour randonner plusieurs jours dans les cirques : sentiers glissants, passages de ravines délicats, et un itinéraire fixé longtemps à l’avance qui saute. Elle ne convient pas non plus à qui doit absolument voir le Piton de la Fournaise : le Pas de Bellecombe est à 77,5 km et un peu plus de deux heures de route, l’accès ferme quand la météo l’impose, et faire cette route pour trouver du nuage arrive vraiment. Enfin, la chaleur humide continue n’est pas confortable pour tout le monde.
Si votre séjour tient à un programme précis, venez en hiver austral. Si vous acceptez de décider le matin pour la journée, l’été est la plus belle saison du Sud sauvage, et la plus verte. Nos tarifs sont les mêmes toute l’année : ni haute saison, ni supplément de fêtes, ni remise de saison des pluies.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si un cyclone est annoncé pendant mon séjour ?
Météo-France Réunion publie les niveaux d’alerte et ce sont eux qui font foi. En alerte rouge, on reste à l’abri, les commerces ferment et les déplacements s’arrêtent. Prévenez-nous, regardez ce que prévoit votre compagnie aérienne en cas de vol annulé et ce que couvre votre assurance de voyage.
Faut-il prendre des vêtements chauds pour un été austral ?
Sur le littoral, non. Dans les Hauts, oui : si vous montez au volcan ou à la Plaine-des-Cafres, l’écart avec le bord de mer est réel et le vent y ajoute. Une polaire, un coupe-vent imperméable et des chaussures qui tiennent au mouillé suffisent.
Peut-on se baigner dans les bassins et les cascades en saison des pluies ?
Cela dépend du jour, pas de la saison. Après une forte pluie, l’eau se charge, le courant monte et les bassins de rivière deviennent dangereux, y compris quand le soleil est revenu chez vous. Renseignez-vous sur place le matin même et renoncez sans discuter si l’eau est brune.
Les routes du Sud sont-elles coupées par la pluie ?
Ponctuellement, oui. Les éboulements et les coupures de quelques heures font partie du décor sur cette côte. Consultez l’état du réseau le matin plutôt que d’improviser un contournement.
Est-ce moins fréquenté qu’en hiver ?
Hors vacances scolaires et hors période des fêtes, l’île reçoit moins de visiteurs pendant l’été austral. Les sites du Sud sauvage sont plus calmes, et on marche à Mare-Longue ou au Cap Méchant sans croiser grand monde.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ?
Quatre chambres climatisées avec salle d’eau privative, une varangue couverte et une piscine : de quoi passer une journée de pluie sans la subir.
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