
Le carnet S'informer
Parc national de La Réunion et UNESCO : ce qui est classé
Le cœur du Parc national de La Réunion commence dans les hauts, au-dessus de Saint-Philippe : le bord de mer, où se trouvent le bourg et la maison, est en dehors. Le bien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion », recouvre pour l’essentiel ce cœur — les forêts d’altitude, les remparts, les cirques et le volcan — et pas le littoral.
Deux protections superposées, et ce qu’elles couvrent
Le Parc national de La Réunion a été créé en 2007. C’est une administration française : un établissement public, un règlement écrit, des agents sur le terrain. Il distingue deux zones. Le cœur, où la réglementation s’applique directement, et une aire d’adhésion autour, habitée et cultivée, qui n’ajoute pas d’interdiction pour un visiteur.
L’inscription à l’UNESCO est arrivée trois ans plus tard, en 2010. Elle ne crée ni service, ni garde, ni guichet : c’est une reconnaissance internationale, assortie d’engagements de la France sur la conservation du site. Deux motifs ont été retenus par le Comité du patrimoine mondial : la valeur des paysages — les remparts, les cirques, un volcan en activité — et la biodiversité, c’est-à-dire des forêts et des espèces qui n’existent nulle part ailleurs.
Du point de vue d’un visiteur, les deux se lisent de la même façon sur le terrain : pas de portail, pas de billet, pas d’horaire d’ouverture. On entre dans le cœur du parc en continuant à marcher.
Depuis Saint-Philippe, où commence la zone protégée
Le point le plus proche est la forêt de Mare-Longue, à 11,7 km de la maison, une vingtaine de minutes de route puis un sentier. C’est une relique de forêt tropicale humide de basse altitude, l’une des dernières de l’île — exactement le genre de milieu qui a pesé dans le dossier d’inscription. On y marche à l’ombre, sur un sol de racines, et une averse n’annule pas la sortie.

Le volcan, lui, est loin. Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos, est à 77,5 km et à environ deux heures de route, en passant par la Plaine-des-Cafres : Bourg-Murat est déjà à 53,8 km, un peu plus d’une heure. Ce n’est pas une sortie d’après-midi, c’est une journée entière, et elle commence avant le jour — donc avant l’heure habituelle du petit déjeuner, ce qui se règle la veille avec Jenny.
Le Grand Brûlé, où la protection descend jusqu’à l’océan
À l’est du bourg, la route traverse le Grand Brûlé : la grande pente par laquelle les coulées du Piton de la Fournaise descendent jusqu’à l’océan. C’est l’endroit où l’on voit le mieux, sans marcher, ce que le classement protège. De la lave nue à côté de coulées plus anciennes, déjà reprises par la végétation, avec des dates peintes au bord de la route.

Sur ce même trajet, l’Anse des Cascades est à 33,4 km et Notre-Dame des Laves, à Sainte-Rose, à 37,9 km. Les tunnels de lave se visitent dans ce secteur, avec un guide — jamais seul. On descend dans une galerie fermée, sans lumière et sans réseau, et la sortie n’est pas toujours celle par où l’on est entré. Les prestataires sont locaux, et les conditions se règlent chez eux.
Ce que l’inscription ne change pas
Elle n’aménage rien. Un site classé n’est pas un site équipé : ni barrière, ni éclairage, ni buvette au bout du sentier. Les chemins ferment par arrêté après un gros coup de pluie, et l’accès au volcan peut être fermé en cas d’éruption ou de mauvais temps. Cela se vérifie la veille, pas sur le parking.
Elle ne couvre pas la côte. Les lieux pour lesquels on vient dans le Sud sauvage sont pour beaucoup en bord de mer, donc en dehors du cœur du parc : le Puits des Anglais au Baril, à 2,6 km, le Cap Méchant à 8,9 km, la cale de La Marine. Ils relèvent d’autres gestionnaires, et cela ne les rend ni moins beaux ni moins fréquentés ; ce qu’il y a à voir en bas est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Enfin, la limite ne se lit pas toujours sur place : quelques panneaux la signalent sur les routes, rarement sur les sentiers. En pratique, on se comporte comme si l’on y était dès qu’on a quitté le goudron.
Les règles du cœur, en clair
Elles sont peu nombreuses et elles ne sont pas décoratives.
- Le chien est interdit dans le cœur, même tenu en laisse. C’est la règle qui surprend le plus. Les oiseaux d’ici nichent au sol ou dans des terriers et n’ont pas évolué avec des prédateurs terrestres ; l’échenilleur de La Réunion, le tuit-tuit, ne subsiste plus que sur un seul massif de l’île.
- On ne cueille et on ne ramasse rien : ni fleur, ni fougère, ni morceau de lave.
- Le feu est interdit en dehors des emplacements prévus, et le bivouac est encadré.
- Le drone ne vole pas sans autorisation.
- Ce qui monte redescend : il n’y a pas de poubelle sur les sentiers.
Une dernière consigne vaut ici, en bas, alors qu’on est hors du cœur : les pétrels endémiques nichent dans les hauts et rejoignent la mer de nuit. Les jeunes se laissent tromper par les éclairages du littoral et s’échouent au sol. Éteindre ce qui ne sert à rien la nuit ne coûte pas grand-chose, et un oiseau trouvé à terre se signale plutôt qu’il ne se relâche.
Le détail de la réglementation, l’état des sentiers et l’accès au volcan se vérifient avant de partir, auprès de leurs gestionnaires : ce sont des informations qui changent d’un jour à l’autre.
Ce que ça change quand on dort en bas
Loger à Saint-Philippe donne un accès par le bas, ce qui est assez rare : la plupart des visiteurs abordent le parc par les Plaines ou par l’Ouest. Mare-Longue est à 11,7 km, la traversée du Grand Brûlé commence à quelques kilomètres du bourg, et le volcan reste, lui, une journée pleine.
Au retour de cette journée-là, la varangue commune, avec son réfrigérateur, son micro-ondes et sa vaisselle, permet de dîner sur place sans reprendre la voiture — on rapporte, on réchauffe, on mange là. C’est ce qui évite de refaire vingt kilomètres pour manger un soir où l’on a déjà marché.
Les quatre chambres sont climatisées, avec salle d’eau et toilettes privatives et le linge fourni. Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé, ce qui aide quand la sortie prévue se raccourcit. Le tarif ne change pas selon la saison ; il est sur la page tarifs.
Questions fréquentes
Peut-on voir la lave couler ?
Seulement pendant une éruption, et une éruption ne se planifie pas. Quand elle se produit, l’accès est réglementé : l’enclos est fermé au public, et ce qui reste possible, ce sont les points de vue depuis les routes, quand la coulée descend assez bas. Entre deux éruptions, ce qu’on voit, ce sont les coulées refroidies du Grand Brûlé, avec leurs dates.
Le Parc national et la Réserve naturelle marine, est-ce la même chose ?
Non, ce sont deux protections distinctes, et elles ne se touchent pas. La réserve marine couvre une partie de la côte Ouest, celle qui a un lagon. Ici, sur la côte Sud-Est, la mer n’en fait pas partie : ce qui s’applique au bord de l’eau relève du droit commun, et notamment de la protection des tortues, qu’on n’approche pas et qu’on ne touche pas.
Peut-on rejoindre les cirques depuis le Sud sauvage ?
Salazie, Cilaos et Mafate sont de l’autre côté du massif et chacun a sa propre route d’accès, longue. Depuis ici, ce sont des journées entières, et Mafate ne se rejoint qu’à pied ou en hélicoptère. Si les cirques sont l’objet principal du voyage, mieux vaut couper le séjour en deux et dormir aussi de ce côté-là.
Faut-il un guide pour marcher dans le cœur du parc ?
Non sur les sentiers balisés : ils sont ouverts, gratuits, et rien n’oblige à passer par un professionnel. Un accompagnateur devient indispensable pour ce qui se passe sous terre, dans les tunnels de lave, où l’on n’entre jamais seul. Les questions qui portent sur la maison plutôt que sur le parc sont rassemblées sur la page questions fréquentes.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, à 11,7 km de la forêt de Mare-Longue et à deux heures de route du Pas de Bellecombe. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


