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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation

Le carnet S'informer

Notre-Dame des Laves à Sainte-Rose : la lave l’a contournée

8 min de lecture

L’église de Piton Sainte-Rose est à 37,9 km de la maison, soit environ trois quarts d’heure par la route du littoral. En avril 1977, une coulée du Piton de la Fournaise est descendue jusque dans le village, s’est ouverte en deux devant le bâtiment et l’a laissé debout : c’est de là que vient son nom de Notre-Dame des Laves. L’arrêt sur place est court, et il s’associe presque toujours à l’Anse des Cascades, à 33,4 km, quelques kilomètres avant sur la même route.

Ce qui s’est passé en avril 1977

Le Piton de la Fournaise déborde presque toujours à l’intérieur de l’Enclos Fouqué, cette grande dépression ouverte vers l’océan où la lave descend sans rencontrer personne. En avril 1977, elle est sortie ailleurs : des fissures se sont ouvertes hors de l’Enclos, du côté nord-est, et les coulées ont pris la direction de Sainte-Rose. Elles ont traversé le quartier de Piton Sainte-Rose, brûlé des maisons et coupé la route.

Le village avait été évacué. Le front est arrivé sur l’église, l’a entourée, est entré par l’avant et s’est arrêté à l’intérieur. Le bâtiment n’a pas été détruit. Il a été rebaptisé après coup et il est resté un lieu de culte : ce n’est pas un monument transformé en musée, c’est une église de paroisse à laquelle il est arrivé quelque chose.

Sur place, on vous racontera un miracle. Les volcanologues décrivent un front qui rencontre un obstacle et se sépare en deux langues. Les deux récits parlent du même mur.

Pourquoi un bâtiment peut rester debout

Une coulée n’est pas un mur d’eau. Elle avance lentement, par lobes, et surtout elle se refroidit en surface : la croûte fige pendant que la lave continue de circuler dessous, dans des tunnels. Quand le front bute sur quelque chose d’assez massif, il ne l’emporte pas forcément — il s’étale, il contourne, il repart par le côté le plus facile. Un bâtiment maçonné peut tenir là où une case en bois brûle.

L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation
Un tunnel de lave à Saint-Philippe, à l’autre bout de la même côte. La lave chemine sous une croûte refroidie : c’est ce qui explique qu’un front avance par à-coups et qu’il se sépare quand il rencontre un obstacle.

Ce qui détruit, ce n’est pas le choc, c’est la chaleur et la durée : tout ce qui peut brûler brûle avant même que la lave n’arrive, et ce qui reste finit enseveli si la coulée continue d’alimenter le secteur. À Piton Sainte-Rose, elle s’est tarie avant.

Y aller depuis Saint-Philippe : 37,9 km par le littoral

On part vers l’est, on longe la côte, on traverse le Grand Brûlé. Ce sont 37,9 km et 47 minutes mesurés depuis la maison — comptez davantage, parce que vous vous arrêterez. La route franchit des coulées descendues jusqu’à l’océan, et la chaussée elle-même a été refaite par-dessus la lave.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
Le Grand Brûlé, traversé en chemin. Les coulées anciennes grisonnent et se couvrent de fougères — c’est l’état de celle de 1977, contre l’église.

Deux points pratiques. Il n’y a qu’une route de ce côté : quand la RN2 est coupée dans le Grand Brûlé, le contournement passe par les Plaines et il est long. Et la côte Est se couvre souvent en cours de journée, exactement comme ici : partir tôt sert davantage que n’importe quelle prévision. Le petit déjeuner se prend sur la varangue, ce qui évite de chercher un café ouvert avant de démarrer.

Ce qu’on voit sur place, et ce qu’on ne verra pas

Une église au bord de la route, dans un quartier ordinaire, avec la coulée figée contre elle. Pas de billetterie, pas de parcours de visite, pas de boutique. Ce n’est pas un site aménagé : c’est une église, elle est ouverte ou elle ne l’est pas, un office peut être en cours, et personne ne peut vous garantir la veille dans quel état vous la trouverez.

L’autre chose à savoir avant de faire la route : une coulée de 1977 n’a plus l’aspect d’une coulée fraîche. Près de cinquante ans ont passé, la roche grisonne, les fougères et les lichens s’y installent. Si vous venez chercher du noir lunaire, il est derrière vous, dans le Grand Brûlé que vous venez de traverser. Ici, ce qui se regarde, c’est un bâtiment et ce qu’il raconte.

Ce qu’on met autour, sur la même route

L’arrêt est trop court pour justifier le trajet à lui seul. L’Anse des Cascades, à 33,4 km et 43 minutes de la maison, est sur le même axe, quelques kilomètres avant l’église : une allée de palmiers, des cascades qui tombent en bord d’océan, des tables de pique-nique et un petit port. Les deux ensemble tiennent dans une matinée.

Ce qui ne se fait pas le même jour, en revanche, c’est le volcan. Le Pas de Bellecombe est à 77,5 km et à environ deux heures de route, par les Plaines et non par le littoral. C’est l’autre extrémité du même massif : il faut lui donner une journée entière, commencée avant le jour.

Rentrer du Grand Brûlé en fin de matinée laisse l’après-midi libre, et c’est en général le moment où la piscine du jardin sert le plus. Le Coco y donne directement.

La même lave, à douze minutes de la maison

On n’est pas obligé de faire 37,9 km pour voir ce que la lave a fait à cette côte. Le Cap Méchant est à 8,9 km et 12 minutes : des falaises de basalte noir, des vacoas au-dessus, et la houle qui tape dessous. C’est la même histoire, racontée par le paysage plutôt que par un bâtiment.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant, à 8,9 km de la maison : une côte entièrement bâtie par d’anciennes coulées, sans plage ni lagon.

Saint-Philippe a aussi ses tunnels de lave, ceux que montre la photo plus haut. On y descend avec un accompagnateur, pas seul, et cela se prépare : ce n’est ni une balade improvisée ni une visite pour tout le monde. Le reste de ce qu’il y a à voir autour de la maison est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Questions fréquentes

Peut-on entrer dans l’église ?

Parfois. C’est une paroisse en activité et non un site touristique : l’ouverture dépend du jour et des offices, et nous ne connaissons pas d’horaires sur lesquels on puisse s’engager. Bâtissez votre matinée sur la route et sur l’Anse des Cascades, pas sur une porte ouverte. Si un office est en cours, on entre discrètement ou on n’entre pas.

Voit-on encore la lave à l’intérieur ?

La coulée entrée dans l’édifice a été laissée en place, elle n’a pas été cassée ni recouverte. Encore faut-il que la porte soit ouverte le jour où vous passez. Depuis l’extérieur, on voit de toute façon la roche figée contre les murs et la hauteur qu’elle a atteinte, ce qui est déjà l’essentiel de l’histoire.

Le trajet est-il difficile ?

Non. C’est une route nationale de bord de mer, sans lacets de montagne ni piste. Elle est simplement plus longue qu’elle n’en a l’air sur une carte : traversées de villages, virages, et l’envie de s’arrêter en chemin. Le seul vrai aléa est la fermeture de la RN2 dans le Grand Brûlé, qui se vérifie le matin même et pas la veille.

Est-ce que cela intéresse quelqu’un qui n’est pas croyant ?

Souvent, oui. Ce qu’on regarde, c’est une coulée arrêtée contre un mur et un village reconstruit dessus, c’est-à-dire la manière dont on vit avec un volcan actif au-dessus de soi. Il n’est pas nécessaire d’adhérer au récit du miracle pour que l’endroit parle. En revanche, si l’histoire du volcan ne vous dit rien du tout, l’arrêt sera bref et la route longue.

Vaut-il mieux le faire à l’aller ou au retour d’un tour de l’île ?

Si vous faites le tour complet, prenez-le en passant, dans le sens Sud vers Est : la route du littoral y mène sans détour et Saint-Benoît est ensuite à 56,9 km de la maison. Si vous logez dans le Sud et que vous y allez exprès, c’est une demi-journée, aller et retour compris, à condition d’y ajouter l’Anse des Cascades.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Coco Vanille est à Saint-Philippe, à 37,9 km de Notre-Dame des Laves et à 33,4 km de l’Anse des Cascades, sur la même route du littoral. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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