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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La cale de La Marine de Saint-Philippe, entre les rochers de basalte, face à l’océan

Le carnet S'informer

Le maloya : la musique qu’il faut avoir entendue une fois

8 min de lecture

Le maloya, c’est des percussions et des voix, rien d’autre : un tambour sur lequel le musicien s’assoit, des kayambs qui bruissent, une phrase lancée par un meneur et reprise par le groupe. On l’entend pour de vrai dans un kabar ou dans une salle de spectacle, presque jamais pendant un dîner d’hôtel — et depuis Saint-Philippe, y aller se prépare, parce que les scènes sont ailleurs.

Un roulèr, des kayambs, et un chœur qui répond

Il n’y a pas d’instrument mélodique dans un maloya traditionnel. Le roulèr est un large tambour à peau, monté autrefois sur un tonneau de rhum ; le musicien s’assoit dessus et joue à mains nues. Le kayamb est un cadre plat, fait de tiges de canne assemblées et rempli de graines : secoué à deux mains, il produit ce bruit de ressac qui court sous tout le morceau. Le sati, une tôle ou un bidon frappé aux baguettes, tient la ligne aiguë. À côté, on trouve le piker, un bambou frappé, et parfois le bobre, un arc musical à calebasse devenu rare.

La forme est simple, et c’est ce qui la rend redoutable : un chanteur lance, le chœur répond, la figure tourne, se répète, et la cadence monte par paliers jusqu’à ce que plus personne ne compte les mesures. Le rythme est ternaire et il boite un peu pour une oreille habituée à la pop européenne — c’est normal, ça passe au bout de quelques minutes. On chante en créole : l’esclavage, les ancêtres, l’exil, la colère, la fête, et depuis le retour du maloya sur scène à peu près tout le reste.

Écarté des scènes dans les années 1960, inscrit à l’Unesco en 2009

Le maloya est né dans les camps de la canne, chanté par des esclaves venus de Madagascar et d’Afrique de l’Est. Après l’abolition, il s’est maintenu dans les familles, autour du servis kabaré, le service rendu aux ancêtres. Dans les années 1960, jugé subversif, il n’avait ni scène ni radio ; c’est le Parti communiste réunionnais qui l’a ramené en public, et Firmin Viry qui l’a fait entendre le premier au-delà de son quartier. En 2009, l’Unesco l’a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Entre la musique qu’on ne jouait pas en public et le patrimoine de l’humanité, il s’est écoulé moins d’un demi-siècle.

Une chose à savoir avant de partir en chasse : le servis kabaré n’est pas un spectacle. C’est un rituel de famille, avec des offrandes et des morts que l’on appelle. On y est invité ou on n’y est pas, aucune agence ne vous y emmènera, et ce n’est pas un décor à photographier.

Maloya et séga, ce ne sont pas deux mots pour la même musique

Le séga est l’autre musique de l’île : binaire, plus légère, jouée avec des instruments mélodiques — accordéon, guitare, cuivres — et faite pour danser à deux. Le maloya est ternaire, uniquement percussif dans sa forme ancienne, et il vient d’un tout autre endroit de l’histoire. Les deux se croisent souvent, beaucoup d’artistes pratiquent les deux, mais une « soirée séga » annoncée par un hôtel n’est pas un kabar. Mieux vaut le savoir avant d’y aller en espérant l’autre.

Où on en entend vraiment

Trois voies, de la plus sûre à la plus incertaine.

Le 20 décembre. La Fèt Kaf commémore l’abolition de l’esclavage à La Réunion, en 1848. C’est un jour férié sur l’île, et celui où il y a du maloya à peu près partout, dans chaque commune, sur des scènes montées pour l’occasion. Si votre séjour tombe à cette date, la question est réglée.

Les kabars. Un kabar, c’est un rassemblement : un bout de terrain ou une salle, des percussions, du monde, et ça dure. Les kabars ouverts à tous existent, mais ils s’annoncent tard — affiches sur les panneaux communaux, réseaux sociaux, bouche-à-oreille — et jamais sur les plateformes de réservation touristique. Il faut regarder autour de soi une fois sur place et poser la question. C’est la seule méthode qui fonctionne.

Les salles et les festivals. À Saint-Benoît, la salle du Bisik programme du maloya de façon régulière. À Saint-Pierre, le festival Sakifo en met à l’affiche chaque année. Les dates et les programmations changent : elles se vérifient sur les sites des lieux, pas dans un article de blog.

Pour écouter avant de venir, cinq noms font le tour du sujet : Firmin Viry, Granmoun Lélé, Danyèl Waro, Christine Salem, Lindigo. Ce sont cinq maloyas très différents. Si aucun des cinq ne vous accroche, l’idée d’y consacrer une soirée sur place mérite d’être reposée honnêtement.

Depuis Saint-Philippe, la vraie question est le retour

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé, sur la route de l’Est. C’est le chemin de Saint-Benoît, à 56,9 km de la maison : une bonne heure à l’aller, autant au retour, et de nuit on refait le même trajet en sens inverse.

Aucune des salles citées n’est à côté. En distances routières mesurées depuis la maison : Saint-Joseph est à 12,6 km, Saint-Pierre à 29,6 km, soit environ 37 minutes, et Saint-Benoît à 56,9 km, environ 1 h 10. Ces durées valent pour un trajet de jour et sans encombre ; de nuit, sur une route de bord de mer sinueuse et souvent mouillée, on ne roule pas plus vite.

Deux conséquences pratiques. La première : il n’y a pas de solution de transport le soir dans le Sud sauvage, donc quelqu’un conduit, et cette personne-là ne boit pas. La seconde : un concert qui se termine tard à Saint-Benoît, c’est plus d’une heure de route ensuite. C’est tout à fait faisable, mais ça se décide en début de journée, pas à la sortie de la salle. Dormir dans le Sud plutôt que de traverser l’île après le concert change la soirée entière : c’est l’intérêt d’une chambre d’hôtes à Saint-Philippe quand on rentre à minuit passé.

Rentrer tard, et dîner quand même

Plantes en pot et vannerie créole sur la varangue, la liane de jade en arrière-plan
La varangue commune, ouverte à tous les hôtes : réfrigérateur, micro-ondes et vaisselle. C’est là qu’on dîne les soirs où l’on rentre trop tard pour ressortir chercher à manger.

Le point faible d’une soirée dans le Sud sauvage n’est pas le concert, c’est ce qu’il y a autour. Les commerces ferment tôt, et un retour tardif signifie souvent qu’on n’a pas dîné. La varangue commune règle ce problème sans mystère : on achète en chemin, on réchauffe et on mange sur place, à n’importe quelle heure. C’est aussi là que se prend le petit déjeuner, compris dans le prix.

Pour le reste, les quatre chambres sont climatisées, chacune avec sa salle d’eau et ses toilettes privatives, le linge est fourni, et le tarif ne bouge pas selon la saison : il est affiché sur la page des tarifs.

Questions fréquentes

Faut-il comprendre le créole pour y prendre plaisir ?

Non. Le maloya se tient debout tout seul par le rythme et par les voix, et beaucoup de gens l’écoutent sans saisir un mot. Cela dit, les textes ne sont pas un ornement : ils portent une histoire précise, et passer à côté fait manquer la moitié du morceau. Lire une traduction de deux ou trois chansons avant de venir change vraiment l’écoute.

Y a-t-il du maloya à Saint-Philippe même ?

La commune a ses associations et ses fêtes, et il s’y joue du maloya, mais rien de permanent ni de programmé à l’intention des visiteurs. Aucune salle ne propose de rendez-vous hebdomadaire ici. Le 20 décembre reste la date la plus fiable ; le reste de l’année, ça se sait sur place, quelques jours avant.

Est-ce que la maison organise des soirées maloya ?

Non. Coco Vanille est une maison d’hôtes : quatre chambres, un petit déjeuner, une varangue et une piscine dans le jardin. Rien n’est programmé le soir, et il vaut mieux le dire que de laisser croire le contraire. Ce qui se passe le soir se passe dehors, et se prépare la veille.

Peut-on emmener des enfants à un kabar ?

Oui, un kabar est une affaire de famille et les enfants y sont chez eux. La difficulté est ailleurs : ça finit tard et il faut ensuite refaire la route de nuit avec eux à l’arrière. Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé, ce qui laisse au moins le retour simple à organiser.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, avec une varangue équipée pour dîner sur place les soirs de retour tardif. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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