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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan

Le carnet S'informer

Oiseaux du Sud sauvage : ce qu’on voit depuis la terrasse

8 min de lecture

Depuis une terrasse à Saint-Philippe, vous verrez cinq ou six espèces, presque toujours les mêmes : le cardinal, le martin, le moineau, les tourterelles, le merle de Maurice, et de petits oiseaux clairs qui traversent les fleurs en bande. Les espèces rares de La Réunion ne sont pas dans le jardin : elles vivent en forêt, en altitude ou en mer, et il faut aller les chercher, parfois à l’autre bout de l’île.

Voici ce qui se pose à portée de regard, et ce qu’il faut aller chercher.

Les habitués du jardin

Ce sont ceux qu’on finit par reconnaître au bout de deux matins.

  • Le cardinal. Le petit oiseau rouge vif que tout le monde photographie. C’est un foudi venu de Madagascar, aujourd’hui partout dans les Bas. Seul le mâle porte le rouge, et pas toute l’année.
  • Le martin. Brun, bec et tour de l’œil jaunes, une tache blanche bien visible sur l’aile en vol. Il marche au sol au lieu de sautiller, il crie fort, et il traîne volontiers autour des tables.
  • Le moineau. Le même qu’en Europe, arrivé avec les bateaux. Banal, et pourtant c’est souvent lui qui vient le plus près.
  • Les tourterelles. Elles se posent au sol, marchent lentement et roucoulent sans discontinuer. Plusieurs espèces cohabitent sur l’île, dont une nettement plus grande que les autres.
  • Le merle de Maurice. Un bulbul huppé, joue rouge, allure vive. Il mange des fruits, les vôtres compris si vous laissez une assiette dehors.
  • Le zoiseau blanc. Le seul de la liste qui soit né ici, et de loin le plus discret.

La plupart de ces oiseaux ont été amenés par l’homme. C’est le paradoxe de l’île : ce qui se voit le plus facilement est ce qui est arrivé le plus récemment. Les espèces d’origine ont reculé vers la forêt et vers les hauteurs à mesure que les Bas se couvraient de cannes et de maisons.

Le zoiseau blanc — un zostérops — fait exception. Plus petit qu’un moineau, il se déplace en petits groupes et ne se tait jamais complètement : un cri de contact court et répété, qui signale la bande avant qu’on ne la voie. Il vit de nectar et de petits insectes, du littoral aux sommets. Sa couleur change d’un secteur de l’île à l’autre, du gris franc à des teintes plus brunes, ce qui complique la comparaison avec une photo prise ailleurs. On l’observe bien à l’heure du petit déjeuner, quand le jardin est déjà en activité.

L’arche de bougainvilliers en fleurs qui mène à la pergola du jardin
L’arche de bougainvilliers du jardin. Ce sont les plantes à fleurs et les arbres fruitiers qui font venir les oiseaux, bien plus sûrement qu’une mangeoire.

Le paille-en-queue se cherche sur la côte

Celui-là n’a rien à faire dans un jardin : c’est un oiseau de mer, blanc, reconnaissable à ses deux longues plumes de queue et à un vol lent. Il niche dans les cavités des falaises et des ravines, et il repasse au même endroit d’un jour sur l’autre.

Le poste le plus sûr du secteur est le Cap Méchant, à 8,9 km : des falaises de lave noire, du vent en permanence, et des oiseaux qui longent la côte en contrebas avant de remonter le long de la paroi. On les voit aussi au-dessus des ravines de l’intérieur, sur la route de la rivière Langevin qui mène à Grand Galet, à 18 km. Le matin vaut mieux que l’après-midi, où l’on regarde à contre-jour.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Les falaises du Cap Méchant, à 8,9 km. C’est dans ce genre de paroi que les pailles-en-queue nichent, à l’abri d’une cavité, et jamais dans un arbre.

Une douzaine de minutes de route suffisent : on y est avant que la lumière ne durcisse. C’est l’intérêt d’une chambre d’hôtes à Saint-Philippe plutôt qu’à l’autre bout de l’île.

Sous les arbres, à quelques kilomètres, la liste change

La forêt de Mare-Longue est à 11,7 km. On y entend beaucoup plus d’oiseaux qu’on n’en voit : sous une canopée fermée, l’oreille sert davantage que l’œil. Trois habitants du sous-bois valent le détour.

Le merle pays, l’autre bulbul, celui d’ici, qui ne descend pas dans les jardins. L’oiseau la vierge, un gobe-mouche de l’ombre, dont le mâle porte une longue queue et qui tourne autour des marcheurs à faible distance. Et le cousin vert du zoiseau blanc, plus lié à la forêt, qui se nourrit dans les fleurs des arbres. Le tec-tec, lui, celui qui se pose à deux mètres et vous regarde, se rencontre surtout dès qu’on prend un peu d’altitude.

Racines monumentales dans la forêt tropicale de Mare-Longue, sur le sentier botanique
La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km. C’est une réserve : on reste sur le sentier, et les oiseaux forestiers se signalent au bruit bien avant de se montrer.

Ce que vous ne verrez pas depuis la terrasse

C’est la déception classique de qui a lu une liste d’espèces endémiques avant de partir.

Le tuit-tuit vit dans un seul massif, au nord de l’île, au-dessus de Saint-Denis. C’est l’autre bout de La Réunion, sa zone est suivie et protégée, et on n’y tombe pas par hasard.

Les pétrels passent leur vie en mer et ne reviennent à terre que pour nicher, haut dans les remparts. Depuis le bord de mer, on entend au mieux un cri dans la nuit.

Le papangue, le seul rapace diurne de l’île, est possible mais rare : une grande silhouette qui plane le long d’une pente sans battre des ailes. En croiser un fait la journée.

Enfin, il n’y a pas de colibris : ils n’existent pas de ce côté du monde, et ce qui butine dans les fleurs du jardin est un zostérops.

Si vous trouvez un oiseau de mer au sol

Cela arrive sur toute la côte, chaque année, à la fin de l’été austral : les jeunes pétrels et puffins quittent le nid pour leur premier vol vers la mer, se laissent éblouir par les éclairages, tournent, et finissent au sol. Une fois posé, l’oiseau ne redécolle pas seul — il lui faut de la hauteur ou de l’eau.

La marche à suivre est simple. On ne le relance surtout pas en l’air. On le ramasse avec un linge, on le place dans un carton fermé et percé de quelques trous, au calme et dans le noir, sans eau ni nourriture, et on prévient la SEOR, la société d’études ornithologiques de l’île, qui organise la collecte ; la mairie relaie. C’est aussi la période de l’opération « Nuits sans lumière », dont les dates sont annoncées chaque année.

Le geste le plus utile quand on dort en bord de mer à cette période : éteindre la lumière de la terrasse en rentrant.

Où se poster, et à quelle heure

Le jardin s’anime du lever du jour au milieu de la matinée, se vide quand la chaleur monte, et repart en fin d’après-midi. Entre les deux, il ne se passe pas grand-chose : c’est l’heure d’aller ailleurs. Rester assis dix minutes sans bouger change plus de choses que n’importe quel matériel.

Chaque chambre offre un poste différent. L’Orchidée a une petite terrasse privée et Le Bambou une terrasse extérieure privée : on y prend son café sans traverser le jardin, donc sans faire fuir personne. La Vanille donne sur le jardin. Le Coco a la vue sur le jardin et l’accès direct à la piscine, avec une réserve honnête : quand on se baigne, les oiseaux gardent leurs distances. La varangue commune, couverte et ouverte à tous, reste le meilleur abri les matins de pluie — et il pleut plus souvent ici que sur l’Ouest.

Questions fréquentes

Faut-il des jumelles ?

Pour le jardin, non : les oiseaux sont à quelques mètres, et lever des jumelles fait surtout du mouvement. Pour les falaises du littoral et le sous-bois, oui, un petit modèle léger change tout.

À quelle saison le cardinal est-il rouge ?

Le mâle prend son plumage rouge pour la reproduction, pendant l’été austral, et le perd ensuite : il redevient brun-olive, très proche de la femelle. Des visiteurs de juillet repartent persuadés de ne pas avoir vu de cardinal alors qu’ils en ont eu sous les yeux tous les matins.

Peut-on les nourrir depuis la terrasse ?

Mieux vaut s’en abstenir. Le pain et les restes profitent d’abord aux martins et aux rats, et une assiette laissée dehors se vide toute seule. Les fleurs et les fruits du jardin font le travail sans attirer ce qu’on ne veut pas.

Les oiseaux réveillent-ils le matin ?

Oui, le jour se lève tôt ici et le bruit commence avec lui : les tourterelles d’abord, les martins ensuite. Les chambres sont climatisées et se ferment, donc on peut dormir ; en laissant ouvert pour l’air, il faut compter avec eux.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, avec terrasse privée ou vue sur le jardin, à 8,9 km des falaises du Cap Méchant où passent les pailles-en-queue. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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