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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel

Le carnet S'informer

Points de vue de Saint-Philippe et du Tremblet, La Réunion

8 min de lecture

Les meilleurs points de vue de la commune tiennent en quatre arrêts : le Cap Méchant et ses falaises de basalte à 8,9 km, le littoral du Baril à 2,6 km, la cale de La Marine dans le bourg, et la traversée du Grand Brûlé au Tremblet, à l’autre extrémité de Saint-Philippe. Aucun n’est un belvédère aménagé avec parking payant et longue-vue : ce sont des bords de route et des sentiers littoraux, et ce qu’on y regarde est une côte de lave sans lagon, frappée de plein fouet par l’océan.

Le Cap Méchant, à 8,9 km

C’est l’arrêt le plus impressionnant du secteur, et le plus fréquenté. La falaise est basse, noire, découpée, et la houle vient s’y casser à quelques mètres du chemin. Le nom n’est pas une trouvaille de brochure : sans récif pour amortir, la mer est mauvaise ici, et elle l’est toute l’année.

Un sentier longe le bord entre les vacoas, ces arbres à racines échasses qui tiennent debout face au vent salé et dont on tresse les paniers. Il y a de l’ombre et des tables, et le stationnement est proche du bord : douze minutes de route depuis la maison, c’est la sortie la plus facile à caser dans une journée déjà remplie.

Le littoral du Baril, à 2,6 km

Le Baril est le quartier voisin, cinq minutes de voiture. Le Puits des Anglais y est le point connu : un bassin creusé dans la roche en bord d’océan, hors lagon, dont l’accès dépend de la houle du jour — les jours où il est fermé, la piscine du jardin ne pose pas la question, et Le Coco y donne directement. Mais le point de vue, ce n’est pas seulement le bassin : c’est la bande de vacoas serrés entre la route et la falaise, où l’on marche à l’ombre avec le bruit de la mer en permanence et les embruns qui remontent.

C’est aussi le meilleur endroit du secteur pour un lever de soleil, pour une raison de géographie et pas de goût : ici, le soleil sort de l’océan. Il faut se lever tôt, mais il n’y a presque rien à conduire.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
Le littoral du Baril, à 2,6 km. Le vacoa donne la feuille qu’on tresse et le fruit qu’on cuisine ; Saint-Philippe lui consacre une fête chaque année.

La Marine de Saint-Philippe, dans le bourg

Le port de Saint-Philippe n’est pas un port de plaisance. C’est une cale posée entre les rochers de basalte, d’où les barques sont mises à l’eau quand la mer le permet. On s’y arrête pour la vue d’enfilade sur la côte et pour comprendre en trente secondes pourquoi il n’y a pas de tourisme balnéaire de ce côté-ci de l’île.

L’arrêt est court, et il se combine avec le reste du bourg et avec ce qu’il y a à faire alentour, détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

La cale de La Marine de Saint-Philippe, entre les rochers de basalte, face à l’océan
La cale de La Marine, dans le bourg. Les bateaux ne restent pas à flot : il n’y a ni digue ni bassin abrité sur cette côte.

Le Tremblet et le Grand Brûlé, la côte la plus jeune de l’île

Le Tremblet est le dernier quartier de Saint-Philippe vers l’est, au pied du Grand Brûlé — la grande pente par laquelle le Piton de la Fournaise descend jusqu’à la mer. La route nationale y traverse des coulées d’âges différents, et c’est ce qui rend l’endroit lisible même sans rien connaître à la géologie : les anciennes sont vertes, les récentes encore noires et nues.

Deux éruptions ont marqué le secteur. Celle de mars 1986 est sortie hors de l’enclos, près de la Pointe de la Table : elle a coupé la route, détruit des maisons et agrandi l’île de plusieurs hectares. Celle d’avril 2007 a recouvert la nationale et jeté assez de matière à la mer pour qu’une plage de sable noir se forme au Tremblet. Ce ne sont pas des dates de manuel : les habitants en parlent au présent.

Ce qu’on ne voit pas d’en bas, c’est le cratère. Depuis la route, on regarde la pente remonter jusqu’aux nuages, jamais le sommet. Pour voir l’enclos, il faut monter au Pas de Bellecombe, à 77,5 km et environ deux heures de route : c’est une journée entière, décidée la veille, pas une idée de fin de matinée.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé, au-delà du Tremblet. Les coulées descendent jusqu’à l’océan et la route les traverse : c’est le seul endroit de l’île où l’on roule sur de la lave datée à l’année près.

Prendre de la hauteur : ce qui existe et ce qui n’existe pas

Il n’y a pas, dans la commune, de belvédère d’altitude accessible en voiture qui donne une vue plongeante sur toute la côte. La pente est raide et couverte de forêt : on monte à l’ombre, pas pour voir loin. La route forestière de Mare-Longue, à 11,7 km, mène à l’un des derniers lambeaux de forêt tropicale humide de basse altitude de l’île — une marche sous les arbres, avec des échappées sur l’océan, mais pas un panorama.

Les grands points de vue d’altitude sont ailleurs, et ils se paient en kilomètres : Bourg-Murat, à l’entrée de la route du volcan, est à 53,8 km, et le Pas de Bellecombe à 77,5 km. Si votre séjour repose entièrement sur les panoramas des Hauts, mieux vaut le savoir avant de choisir où dormir : depuis ici, chaque sortie de ce type occupe la journée.

L’heure, le sens du soleil et la houle

Trois facteurs pèsent davantage que le choix du site.

L’heure. La journée type du Sud-Est commence claire, puis les nuages montent à partir de la mi-journée. Les points de vue se font le matin, en juillet comme en février. Une sortie décidée en début d’après-midi a de bonnes chances d’être grise.

Le sens du soleil. Nous sommes sur la côte au vent : le soleil se lève sur l’océan et se couche derrière le massif. Les couchers de soleil sur la mer sont une affaire de côte Ouest. Ici, c’est le lever qui vaut le réveil, et il tombe tôt.

La houle. Elle change tout d’un jour à l’autre. Quand elle monte, les vagues du Cap Méchant deviennent le spectacle, et les bassins du littoral deviennent inaccessibles. Le basalte mouillé glisse, il n’y a pas de garde-corps, et on ne tourne pas le dos à la mer : c’est la phrase que répètent tous ceux qui vivent sur cette côte.

Partir tôt suppose de manger avant. Le petit déjeuner est compris et se prend sur la varangue commune ; ceux qui préfèrent leur café dehors avant tout le monde trouveront leur compte avec L’Orchidée, qui a sa petite terrasse privée.

Questions fréquentes

Peut-on rejoindre ces points de vue à pied depuis la maison ?

Non. Le plus proche, le littoral du Baril, est à 2,6 km par la route, soit cinq minutes de voiture mais un trajet qui ne se marche pas confortablement. Le Cap Méchant est à 8,9 km et le Tremblet à l’autre bout de la commune. Une voiture est nécessaire, ici comme partout dans le Sud sauvage.

La plage de sable noir du Tremblet est-elle baignable ?

Non. C’est un site à regarder, pas un site de baignade : hors des zones surveillées et des bassins aménagés, la baignade en mer est interdite sur toute cette côte. Elle se visite comme un point de vue, en restant à distance de l’eau.

Combien de temps faut-il pour faire le tour de ces arrêts ?

Une demi-journée suffit pour le Baril, La Marine et le Cap Méchant, qui s’alignent sur quelques kilomètres de littoral. Le Tremblet et le Grand Brûlé demandent une sortie à part, vers l’est ; on la prolonge le plus souvent jusqu’à l’Anse des Cascades, à 33,4 km, ou jusqu’à Notre-Dame des Laves, à 37,9 km.

Est-ce que ces arrêts valent encore quelque chose sous la pluie ?

Le Cap Méchant, oui : la mer est plus grosse, la roche plus noire, et l’on reste près de la voiture. Le Grand Brûlé, non : sans lumière, le champ de lave devient une étendue grise où l’on ne distingue plus les âges des coulées. Gardez-le pour une matinée dégagée.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, à cinq minutes du littoral du Baril et à douze du Cap Méchant, de quoi partir voir la côte au lever du jour et rentrer avant les nuages. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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