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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
Racines monumentales dans la forêt tropicale de Mare-Longue, sur le sentier botanique

Le carnet S'informer

Pourquoi le Sud sauvage est plus vert que le reste de l’île

8 min de lecture

Le Sud sauvage est plus vert que le reste de l’île parce qu’il est au vent. Les alizés arrivent de l’est chargés d’humidité, butent sur le relief, montent, refroidissent et déchargent leur pluie de ce côté-ci avant d’atteindre l’Ouest, qui reste sec. Le reste — la lave jeune, l’absence de lagon, la forêt qui descend jusqu’à la mer — découle de la même géographie, et se lit depuis la route.

Les alizés se vident sur cette côte avant d’atteindre l’Ouest

Le mécanisme n’a rien de local : partout, une montagne plantée en travers d’un vent dominant fabrique une face humide et une face sèche. La particularité de La Réunion, c’est l’échelle : le relief monte très haut et très vite, sur une île qu’on traverse en voiture dans la matinée.

L’air océanique arrive de l’est-sud-est. Il ne peut pas contourner l’obstacle, alors il grimpe. En montant il se refroidit, l’humidité qu’il transporte se condense, et il pleut sur le versant exposé : l’Est et le Sud-Est, c’est-à-dire ici. Une fois la crête franchie, le même air redescend vers l’Ouest, se réchauffe et s’assèche. C’est pour cela qu’on arrose les jardins de l’autre côté de l’île et jamais les nôtres.

La conséquence se voit à l’œil nu. Sur les pentes de l’Ouest, la végétation jaunit pendant l’hiver austral et reverdit à l’été. Ici, elle ne jaunit pas : il tombe de l’eau tous les mois de l’année, en épisodes le plus souvent courts, et la couleur ne s’en va jamais.

Une côte trop jeune pour avoir un lagon

La deuxième explication est sous vos pieds. Le Piton de la Fournaise ouvre ses coulées vers le sud-est, et le Grand Brûlé est le couloir par lequel la lave descend jusqu’à l’océan. La bande côtière qui va de Saint-Philippe à Sainte-Rose est donc la partie la plus récente de l’île : elle s’allonge encore, éruption après éruption.

C’est ce qui explique l’absence de récif. Un récif corallien demande des milliers d’années de calme ; la roche est ici trop neuve et l’océan trop remuant. Pas de récif, donc pas de lagon, donc pas de plage, donc pas de front de mer bâti. Le tourisme balnéaire s’est installé ailleurs et a laissé cette côte à sa végétation.

Car la lave nue ne reste pas nue longtemps. Le basalte est poreux, la pluie s’y infiltre, la chaleur fait le reste : la roche s’altère vite et donne un sol que les plantes prennent d’assaut. En roulant vers Sainte-Rose, on lit l’âge des coulées à leur couverture — lichens et premières fougères sur les plus récentes, bois dense sur les plus anciennes. Personne n’a besoin d’un panneau pour comprendre.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
Le Grand Brûlé, sur la route de Notre-Dame des Laves, à 37,9 km de la maison. Chaque coulée porte la végétation de son âge : c’est la façon la plus simple de dater ce qu’on regarde.

La forêt de basse altitude, une relique qui a tenu ici

La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km de la maison, est ce qui reste de la forêt tropicale humide de basse altitude qui couvrait autrefois toute la ceinture côtière de l’île. Ailleurs, les cultures, les villes et les routes l’ont fait disparaître presque entièrement. Ici elle a survécu pour deux mauvaises raisons devenues bonnes : le sol de lave était difficile à défricher, et la pluie n’a jamais laissé de répit. On y marche à l’ombre, entre des fougères arborescentes et des troncs posés sur leurs racines.

Sur le littoral, c’est le vacoa qui tient le terrain. Ce pandanus aux racines aériennes forme des bois entiers face à l’océan, là où le vent salé décourage tout le reste. Ses feuilles se travaillent en vannerie, et Saint-Philippe lui consacre encore une fête. Au Baril, à 2,6 km de la maison, ils forment une bande continue devant l’eau, juste à côté du Puits des Anglais.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
Le bois de vacoas du Baril, à 2,6 km. Le vacoa pousse là où le vent salé brûle tout le reste : c’est lui qui forme la première ligne verte devant l’océan.

Entre les deux, à 5,9 km, le Jardin des Parfums et des Épices est la version guidée de cette forêt : un bois naturel installé sur une coulée, dans lequel on a planté ce qui se cultive dans l’île. C’est l’endroit où l’on comprend le plus vite pourquoi la vanille pousse de ce côté-ci et pas ailleurs. Le détail des sorties du secteur est sur la page que faire à Saint-Philippe.

Ce que ce vert coûte au visiteur

Il pleut, et pas seulement pendant l’été austral. Les épisodes sont le plus souvent courts et très localisés — il peut tomber une averse au Baril et rien à Saint-Joseph, à 12,6 km — mais ils tombent toute l’année. Le ciel se couvre souvent en milieu de journée, ce qui fait du matin le meilleur moment pour sortir, en juillet comme en février.

L’humidité, elle, ne se voit sur aucune photo. Le linge sèche lentement, une paire de chaussures mouillée l’est encore le lendemain matin, et rien ne sort tout à fait sec d’un sac. Deux paires de chaussures valent mieux qu’une. Les sentiers, eux, deviennent glissants dès qu’ils sont couverts de mousse, et la roche volcanique mouillée ne pardonne pas l’inattention.

Enfin, ce vert-là remplace autre chose. Il n’y a ici ni sable blanc ni eau turquoise, et la baignade en mer reste interdite hors des zones surveillées et des bassins aménagés, dont l’accès dépend de la houle du jour. La piscine du jardin ne pose pas cette question. C’est un échange, et mieux vaut le savoir avant de réserver.

La cale de La Marine de Saint-Philippe, entre les rochers de basalte, face à l’océan
La Marine de Saint-Philippe : ici, la lave descend directement dans l’eau. C’est à cela que ressemble le littoral quand il n’y a ni récif ni lagon pour l’adoucir.

Ce que ça change quand on dort de ce côté-ci

Le jardin de Coco Vanille est fait de la même matière que le reste de la côte : bougainvilliers, palmes de cocotier, une liane de jade qui donne ses grappes turquoise, et des caméléons panthère qui traversent les branches sans se presser. Ce n’est pas un jardin entretenu contre le climat, c’est un jardin porté par lui.

Côté pratique, cette humidité impose quelques réponses simples. Les quatre chambres sont climatisées, ce qui compte de décembre à mars quand l’air est lourd, et le linge est fourni. La varangue commune, avec son réfrigérateur, son micro-ondes et sa vaisselle, permet de dîner sur place les soirs de pluie ; c’est aussi là que se prend le petit déjeuner, compris dans le prix. Et Le Coco donne directement sur la piscine.

Le tarif, lui, ne suit pas les saisons : il est le même toute l’année, et il est sur la page tarifs.

Questions fréquentes

Le Sud sauvage est-il plus frais que l’Ouest ?

Un peu, et surtout moins écrasant : les nuages de l’après-midi et les averses coupent la chaleur du bord de mer. Mais on reste sur un littoral tropical, et l’humidité fatigue davantage que le thermomètre. Le vrai rafraîchissement vient de l’altitude, pas de la côte.

Y a-t-il plus de moustiques à cause de l’humidité ?

Il y en a, comme sur tout le littoral humide de l’île, et surtout au lever et à la tombée du jour. Des manches longues en fin de journée et un répulsif suffisent le plus souvent. À l’intérieur, les chambres se ferment et la climatisation aide.

À quelle période la végétation est-elle la plus dense ?

De décembre à avril, pendant l’été austral : il fait chaud, il pleut fort, tout pousse d’un coup et les cascades sont au plus fort. C’est aussi la saison des cyclones, celle où des sentiers ferment et où des radiers sont submergés. Le reste de l’année, la côte reste verte, simplement moins exubérante.

Est-ce que la végétation cache la mer ?

Souvent, oui. Sur une bonne partie du trajet, la route est bordée de vacoas et de filaos, et l’océan ne se devine que par intermittence. Les vues dégagées sont des points précis, où il faut s’arrêter volontairement : le Cap Méchant, à 8,9 km, avec ses falaises de lave noire en plein vent, en est le meilleur exemple.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, dans un jardin porté par cette pluie, à 2,6 km du bois de vacoas du Baril et à 11,7 km de la forêt de Mare-Longue. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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