Aller au contenu
Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan

Le carnet S'informer

Randonner en sécurité dans le Sud : eau, chaussures, départ

8 min de lecture

Trois choses décident d’une randonnée dans le Sud : l’eau que vous portez, les chaussures que vous avez aux pieds, l’heure à laquelle vous partez. Le reste se prépare la veille ; ces trois-là ne se rattrapent pas une fois sur le sentier. Ce qui suit vaut pour le littoral de Saint-Philippe ; le volcan, plus bas, obéit à d’autres règles.

L’eau : on part avec, on n’en trouve pas

Il n’y a ni fontaine ni buvette sur les sentiers du Sud. Ce que vous avez dans le sac au départ est ce que vous aurez au retour, et l’eau des ravines ne se boit pas, même claire.

Le piège de cette côte n’est pas la chaleur brute, c’est l’humidité doublée de l’alizé : on transpire beaucoup, le vent sèche la sueur, on ne se sent pas mouillé et on ne pense pas à boire. Une bouteille par personne, pas une pour deux, préparée la veille — le réfrigérateur de la varangue sert à ça, et une eau fraîche se boit quand une eau tiède reste dans le sac.

L’autre chose que le sac doit contenir, c’est un chapeau. Sur les coulées, il n’y a pas d’ombre : le basalte est noir, il renvoie la chaleur vers vous, et la fraîcheur du vent n’empêche pas le coup de soleil. On a frais et on cuit.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé, sur la route de Sainte-Rose : Notre-Dame des Laves est à 37,9 km de la maison. Pas un mètre d’ombre sur ces coulées, et la roche noire garde la chaleur.

Les chaussures : le problème, c’est la lave

Sur le littoral, on ne marche pas sur de la terre mais sur de la lave, et elle se présente sous deux formes. La lave lisse, en dalles, devient patinoire dès qu’elle est mouillée ou couverte de mousse. La lave en blocs est hérissée d’arêtes aussi coupantes que du verre : une chute sans gravité s’y solde par des paumes et des genoux râpés.

D’où la chaussure fermée, à semelle crantée, qui tienne un peu la cheville. Les savates servent à aller au bassin, pas à marcher au Cap Méchant. Le sentier du littoral n’a presque pas de dénivelé, ce qui trompe : la difficulté est au sol, et elle ne se voit sur aucune carte.

En forêt, le terrain change encore : racines lisses, feuilles humides, un sol qui reste glissant même s’il n’a pas plu depuis deux jours. On y marche à l’ombre, ce qui change tout, mais on y pose les pieds pareil.

Racines monumentales dans la forêt tropicale de Mare-Longue, sur le sentier botanique
Le sentier botanique de Mare-Longue, à 11,7 km de la maison. Les racines affleurent partout et deviennent savonneuses après une averse : marche facile, mais pas en tongs.

Les horaires : le matin, et surtout le matin

La journée type du Sud-Est : matin clair, nuages qui montent à partir du milieu de matinée, éclaircies en fin de journée. Une sortie qui démarre à six heures et la même à onze heures ne se passent pas dans le même pays — à midi, le point de vue promis par la carte est souvent dans le nuage.

La seconde raison de partir tôt, c’est la nuit. Sous les tropiques, pas de long crépuscule : la lumière baisse et disparaît vite, et cela surprend chaque année des marcheurs venus de métropole. Une randonnée entamée en début d’après-midi se termine à la frontale — d’où la lampe dans le sac, même quand on est certain de rentrer avant le soir.

Partir tôt demande un peu d’organisation. Le petit déjeuner est compris et se prend sur la varangue ; si vous visez un départ avant le jour, mieux vaut le dire la veille que le matin même.

Un coureur du Grand Raid de nuit, frontale allumée
Les coureurs du Grand Raid emportent une frontale et une frontale de secours. Ici, l’obscurité arrive plus vite qu’on ne le croit.

La pluie, les ravines et les radiers

Les averses tombent fort, souvent en milieu ou en fin de journée, et elles passent. Ce sont leurs conséquences qui durent : sentiers détrempés, parfois fermés par arrêté, et ravines qui montent.

Une ravine peut grossir alors qu’il ne pleut pas sur vous : l’averse est tombée dans les Hauts, l’eau descend, le niveau change en quelques minutes. D’où deux règles — on ne s’installe pas pour déjeuner dans le lit d’une ravine, et on ne franchit jamais un radier submergé. On attend qu’il redescende, ou on fait demi-tour.

La cascade de Grand Galet, à 18 km par la route de la rivière Langevin, résume le compromis : elle est au plus fort après les pluies, et c’est aussi le moment où la route qui y mène peut être coupée. La saison cyclonique court de novembre à avril ; en alerte rouge, on ne circule plus.

Le volcan n’est pas une sortie d’après-midi

Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos, est à 77,5 km de la maison et à environ deux heures de route. Cette distance commande le reste : on part avant le jour, on marche le matin, on redescend quand la brume monte. La route de la Plaine des Sables se couvre régulièrement en milieu de journée.

Le froid est l’autre écart : on quitte le bord de mer en tee-shirt et on arrive au parking dans un vent qui ne pardonne pas. Polaire et coupe-vent, même en février. La météo du volcan n’a rien à voir avec celle du Baril, et l’accès peut être fermé par arrêté en cas d’éruption : cela se vérifie la veille.

Dans l’enclos, la brume efface les repères — une marche évidente à l’aller devient illisible au retour. Si elle est là au moment de s’engager, on ne s’engage pas.

Les sorties courtes qui pardonnent

Toutes les randonnées du Sud ne demandent pas la journée. Trois se font au départ de Saint-Philippe ; les distances ci-dessous sont routières, mesurées depuis la maison, et le reste de ce qu’il y a à voir autour est sur la page que faire à Saint-Philippe.

  • Le littoral du Baril, autour du Puits des Anglais, à 2,6 km. Marche courte sur la roche noire, aucune ombre, et c’est la houle du jour qui décide de ce qu’on peut approcher.
  • Le Cap Méchant, à 8,9 km. Sentier littoral sur la lave, entre les vacoas, le long des falaises. Terrain plat mais coupant, plein soleil.
  • La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km. Sentier botanique sous couvert : la seule des trois qui reste tenable un après-midi de février.

Au retour, la piscine du jardin règle la question de la baignade : la mer n’a pas de lagon de ce côté-ci et l’on ne s’y baigne pas hors des zones surveillées. Le Coco y donne directement. Et les soirs où l’on rentre tard, la varangue commune, avec son réfrigérateur et son micro-ondes, permet de dîner sur place sans reprendre la voiture.

Questions fréquentes

Faut-il un guide pour marcher dans le Sud ?

Pas pour les sentiers du littoral ni pour la forêt de Mare-Longue, qui se font en autonomie. En revanche, les tunnels de lave ne se visitent qu’avec un professionnel équipé : ce sont des cavités sombres, sans repère et sans réseau.

Y a-t-il du réseau téléphonique sur les sentiers ?

Par endroits seulement. Sur le littoral, cela passe souvent ; au fond d’une ravine ou sous le couvert forestier, non. Partez en supposant qu’il ne servira pas, et dites à quelqu’un où vous allez et quand vous comptez rentrer. Le numéro d’urgence est le 112.

Y a-t-il des animaux dangereux ?

Non. Il n’y a pas de serpent à La Réunion et pas de grand prédateur : rien qui justifie d’emporter quoi que ce soit contre la faune. Les vrais risques sont la déshydratation, le terrain et l’heure — c’est-à-dire ce sur quoi on peut agir avant de partir.

Ces sentiers conviennent-ils aux enfants ?

Les trois sorties courtes citées plus haut, oui, à condition de tenir les enfants à distance du bord sur le littoral : la roche est coupante et la houle imprévisible. Les itinéraires d’altitude et l’enclos du volcan sont d’un autre ordre, par la durée et le froid. Pour les familles, Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Dormir à Saint-Philippe, c’est partir marcher au lever du jour sans une heure de route dans les jambes : le Cap Méchant est à 8,9 km, la forêt de Mare-Longue à 11,7 km. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

À lire aussi

Réserver