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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation

Le carnet S'informer

La route des laves : ce qu’on voit à chaque arrêt

8 min de lecture

La route des laves, c’est le morceau de la RN2 qui part vers l’est après Saint-Philippe et traverse le Grand Brûlé, là où les coulées du Piton de la Fournaise descendent jusqu’à la mer. Depuis la maison, l’Anse des Cascades est à 33,4 km et Notre-Dame des Laves à 37,9 km, soit quarante-trois et quarante-sept minutes de route : une matinée, arrêts compris, pas une expédition.

Ce que la route traverse réellement

Le Grand Brûlé est la pente par laquelle le volcan évacue ce qu’il produit. Les coulées sortent de l’enclos, dévalent quelques kilomètres et finissent dans l’océan ou s’arrêtent avant. La nationale coupe cette pente en travers : on roule sur des coulées empilées, dont certaines ont recouvert la route et sur lesquelles on a reconstruit du bitume.

Ce qu’on regarde ici n’est donc pas un point de vue, mais une succession de surfaces. Des panneaux datent les coulées au bord de la route, mais l’œil apprend vite à s’en passer : la récente est noire, luisante, nue ; celle d’avant est grise et griffée de lichens ; la vieille porte déjà des fougères et des filaos. Sur quelques kilomètres, on voit un demi-siècle de reconquête végétale.

Deux dates expliquent l’essentiel de ce qu’on a sous les yeux. Avril 2007 : la coulée du Tremblet atteint la mer, coupe la RN2 et agrandit la côte. 1977 : une coulée entre dans le village de Piton Sainte-Rose et s’arrête contre l’église — c’est l’histoire de Notre-Dame des Laves, au bout de la route.

Les arrêts, du sud vers le nord

L’itinéraire monte vers Sainte-Rose et se refait en sens inverse. Rien n’oblige à tout faire.

Le bourg de Saint-Philippe et La Marine

Avant d’entrer dans la lave, la dernière agglomération. La Marine, en contrebas du bourg, est un port minuscule posé dans le basalte, sans sable et sans lagon. C’est aussi le dernier endroit où faire une course : entre Le Tremblet et Bois-Blanc, il n’y a ni village, ni commerce, ni ombre.

La cale de La Marine de Saint-Philippe, entre les rochers de basalte, face à l’océan
La Marine de Saint-Philippe. Sur toute cette côte il n’y a pas de sable, seulement du basalte : d’où l’absence d’hôtels de bord de mer dans le Sud-Est.

Le Tremblet et la coulée de 2007

Le Tremblet est le dernier hameau avant le désert de lave. Juste après, la route franchit la coulée de 2007, celle qui a tout enseveli avant de se jeter à l’eau. C’est la plus impressionnante du parcours parce que c’est la plus récente : la surface est encore noire, cassante, et la végétation n’y a mis qu’un pied. En bord de mer, la Pointe de la Table rappelle qu’une autre coulée, dans les années 1980, avait déjà gagné du terrain sur l’océan au même endroit.

Le Grand Brûlé

Plusieurs kilomètres sans rien : ni maison, ni poteau, ni arbre adulte. On s’arrête sur les élargissements prévus pour cela, jamais sur la chaussée, et on marche quelques dizaines de mètres sur la coulée. C’est là qu’on comprend la géographie de l’île : le volcan est en haut, dans la brume, et tout ce qu’il produit passe ici. Du cratère, en revanche, on ne voit rien depuis la route.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé. Les bandes encore nues sont les plus récentes : la végétation met des décennies à refermer une pente, et l’écart de couleur suffit à les dater.

L’Anse des Cascades — 33,4 km

Une petite route descend depuis la nationale jusqu’à une anse plantée de cocotiers, où des cascades tombent de la falaise à quelques mètres de la mer. Il y a un port de pêche, des tables, de l’ombre — la seule vraie du parcours, et la raison d’emporter de quoi manger. La baignade, elle, n’est pas la question : c’est un bord d’océan ouvert, pas un bassin.

Notre-Dame des Laves, à Sainte-Rose — 37,9 km

L’église de Piton Sainte-Rose est le terminus logique de la sortie. En 1977, la coulée a traversé le village, contourné le bâtiment, franchi le seuil et s’est immobilisée dans la nef. La lave est restée là où elle s’est arrêtée, et l’église a rouvert autour. On la visite en quelques minutes, à condition de se comporter comme dans un lieu de culte en activité. Un peu plus loin, la Vierge au Parasol est une statue abritée sous un parasol de tôle, posé pour la protéger des pluies acides du volcan.

Les tunnels de lave ne se visitent qu’avec un guide

Quand une coulée avance, sa surface se fige pendant que la lave continue de couler dessous ; lorsque l’alimentation s’arrête, il reste un tube vide. Saint-Philippe et Sainte-Rose en sont truffées, et plusieurs se visitent — avec un guide professionnel, casque et frontale, sur réservation.

Ce n’est pas une formalité administrative. Le sol coupe, les plafonds sont bas, et une entrée qui paraît praticable depuis la route peut donner sur un effondrement.

L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation
Un tunnel de lave à Saint-Philippe. La croûte s’est solidifiée pendant que la lave s’écoulait dessous : ce qui reste est le moule du fleuve, pas une grotte creusée par l’eau.

Ce que la route des laves ne donne pas

Elle ne donne pas de lave rouge. Hors éruption, tout est froid depuis des années, et pendant une éruption l’accès au secteur est réglementé, parfois totalement fermé : c’est le moment où l’on voit le moins bien, pas le mieux.

Elle ne donne pas non plus le volcan. Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos, est à 77,5 km de la maison et à environ deux heures de route — et on n’y va pas par la côte, mais par les Plaines. Ce sont deux journées différentes, à ne pas confondre en bâtissant le programme.

Enfin, elle est écrasante en milieu de journée : la roche noire chauffe et la seule ombre sérieuse est celle des cocotiers de l’Anse des Cascades. La sortie se fait le matin, quand la lumière rase donne du relief à des surfaces qui, à midi, ne sont plus qu’un aplat gris.

La caler dans un séjour ici

Depuis Saint-Philippe, la route des laves est une demi-journée, et c’est son principal intérêt : on part après le petit déjeuner, on rentre en début d’après-midi, et la journée reste entière. Après une matinée passée en plein soleil sur la roche noire, la piscine du jardin trouve son emploi.

Pour ceux qui veulent de la lave sans les quarante-trois minutes de voiture, l’autre sens marche aussi : le Cap Méchant est à 8,9 km et à douze minutes, et ses falaises noires sont faites de la même matière, simplement plus ancienne. Le reste de ce qui se fait autour de la maison est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Pour les familles, c’est une sortie facile : de la voiture et des arrêts courts, rien qui suppose de marcher longtemps. Le Bambou accueille trois personnes et dispose d’un lit bébé.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il compter en tout ?

Le calcul routier donne 47 minutes pour rejoindre Notre-Dame des Laves depuis la maison, autant pour revenir. Avec trois ou quatre arrêts courts et une pause à l’Anse des Cascades, la sortie occupe une matinée. En poussant jusqu’à Saint-Benoît, à 56,9 km, et en rentrant par les Plaines, c’est une journée entière.

Faut-il un véhicule particulier ?

Non. Tout le parcours est goudronné, accès aux arrêts compris : une voiture de location standard suffit. Elle est en revanche indispensable — rien de tout cela ne se fait à pied depuis Saint-Philippe.

Peut-on marcher sur les coulées ?

Oui, sur les bords, en se garant aux endroits prévus. Chaussures fermées obligatoires : la lave cordée est glissante et la lave en blocs coupe comme du verre. On ne descend jamais dans un creux ni dans une cavité, même large : ce sont des tunnels, et leur plafond est parfois ce sur quoi on marche.

Et sous la pluie ?

La route reste praticable, et les coulées mouillées sont même plus contrastées. Les tunnels, eux, se ferment : c’est le guide qui décide, et une annulation pour fortes pluies fait partie du contrat. Mieux vaut caler cette visite en début de séjour, pour garder une date de repli.

Où mange-t-on sur le trajet ?

Entre Le Tremblet et Bois-Blanc, nulle part : le Grand Brûlé n’a ni village, ni boutique, ni eau. On emporte de quoi boire, et l’Anse des Cascades est l’endroit du parcours fait pour s’asseoir. Au retour, la varangue commune de la maison a un réfrigérateur, un micro-ondes et de la vaisselle, ce qui permet de rapporter quelque chose du bourg et de dîner sur place sans ressortir.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Coco Vanille est à Saint-Philippe, à l’entrée sud de la route des laves : l’Anse des Cascades est à 33,4 km, soit une matinée aller-retour. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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