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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel

Le carnet S'informer

Voir des tortues marines dans le Sud sauvage de La Réunion

8 min de lecture

Deux espèces de tortues marines fréquentent régulièrement les eaux de La Réunion, la tortue verte et la tortue imbriquée, et elles passent aussi devant cette côte-ci. Mais depuis le Sud-Est on les voit de loin et par hasard, une tête à la surface pendant quelques secondes : si votre séjour repose sur l’idée de nager à côté d’une tortue, cela se joue sur la côte Ouest, pas ici.

Deux espèces régulières, et quelques passantes

La tortue verte est la plus grande des deux et la plus souvent vue. Tête ronde, bec court et arrondi, elle broute les algues des fonds rocheux et remonte respirer entre deux repas. La tortue imbriquée est plus petite, avec un bec étroit et crochu de rapace qui lui sert à fouiller les anfractuosités : elle mange des éponges. Ses écailles se chevauchent, d’où son nom — et d’où sa raréfaction, puisque c’est cette carapace qui alimentait le commerce de l’écaille.

Trois autres espèces passent au large sans s’installer : la caouanne, la tortue olivâtre et la tortue luth. Les croiser depuis le bord relève de la coïncidence. Dans la pratique, ce qu’on aperçoit d’ici est presque toujours une tortue verte.

Ce que la côte d’ici permet, et ce qu’elle ne permet pas

Il n’y a de ce côté de l’île ni lagon, ni barrière de corail, ni plage de sable. La lave tombe droit dans l’eau, la profondeur arrive à quelques mètres du bord et la houle travaille en permanence. C’est une côte qui se regarde et ne se nage pas : la baignade en mer est interdite hors des zones surveillées et des bassins aménagés, toute l’année, sans exception saisonnière.

Conséquence directe pour les tortues : ici, on observe depuis la terre. Pas de palmes, pas de masque, pas de sortie depuis la plage du coin — il n’y a pas de plage. Pour se mettre à l’eau sans y penser, il reste la piscine du jardin, à laquelle Le Coco donne directement.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé, au nord de Saint-Philippe. Aucune plage, aucun accès progressif à l’eau : ici la mer se regarde depuis le bord.

Où regarder, et dans quelles conditions

Trois points de la commune donnent sur de l’eau qu’on peut scruter longtemps. Le Cap Méchant, à 8,9 km et douze minutes de route, aligne des falaises basses d’où l’on domine la surface — c’est le meilleur poste, simplement parce qu’on voit de haut. Le Puits des Anglais, au Baril, est à 2,6 km : depuis les rochers autour du bassin, le regard porte au-delà de la barre. Et la cale de La Marine, dans le bourg, où l’eau est plus calme entre les blocs de basalte. Aucun de ces trois points ne dépasse neuf kilomètres ; la page des chambres d’hôtes à Saint-Philippe situe la maison par rapport à eux.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant, à 8,9 km de la maison. Les falaises basses placent l’œil au-dessus de la surface : c’est ce qui permet de repérer une tête qui souffle.

Les conditions comptent plus que le lieu. Une mer plate, une houle faible, le soleil dans le dos et une lumière basse : c’est le matin que tout cela se réunit le plus souvent, avant que les nuages ne montent. Des lunettes polarisantes changent réellement ce qu’on distingue sous la surface. Le petit déjeuner est compris, ce qui évite de chercher où manger avant de partir.

Ce qu’il faut chercher n’est pas un aileron mais une tête de la taille d’un poing, sombre, qui apparaît, souffle et disparaît. Un coco flotte aussi, mais il ne disparaît pas.

Une réserve honnête : on peut passer une semaine ici sans en voir une seule. Ce n’est pas une sortie, c’est une chance.

Pourquoi la ponte est devenue rare à La Réunion

Les récits des premiers navigateurs décrivent une île où les tortues venaient pondre en nombre. Elles ont été chassées pour leur chair, leur graisse et leur écaille dès l’installation permanente, et la population nicheuse a été effacée en quelques générations. Aujourd’hui la ponte y est exceptionnelle : quelques traces relevées certaines années sur les rares plages de sable de l’Ouest et du Sud-Ouest, suivies par les scientifiques. Les grands sites de ponte de la région sont ailleurs, sur les îles Éparses.

Sur notre littoral, la question ne se pose même pas : il n’y a pas de sable au-dessus de la laisse de mer. Le haut de côte est occupé par le basalte et par la forêt de vacoas, qui est la végétation d’origine de ce bord de mer. Une tortue n’y trouverait rien où creuser.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
La forêt de vacoas du Baril : ici le littoral passe de la roche à la végétation, sans bande de sable intermédiaire.

Ce qui est interdit, et ce qui l’est moins évidemment

Les tortues marines sont des espèces protégées. Il est interdit de les toucher, de les capturer, de les transporter, de les déranger, et cela vaut aussi pour les œufs et pour les objets en écaille, que les douanes saisissent.

Trois interdits moins connus, qui expliquent le reste. Ne jamais nager vers une tortue ni se placer au-dessus d’elle : elle respire de l’air, et un animal qu’on empêche de remonter s’épuise vite. Ne pas la nourrir, parce qu’une tortue habituée aux humains devient une tortue qui s’approche des bateaux. Et ne pas éclairer une plage la nuit pendant la saison chaude, là où le sable existe : la lumière désoriente les nouveau-nés, qui s’orientent sur le reflet du ciel sur l’eau.

Le reste des menaces se lit sur les animaux ramassés blessés : sacs plastique avalés — une méduse et un sac flottant se ressemblent —, fils de pêche et hameçons, filets, et chocs avec des bateaux.

Pour les voir de près, il faut aller à l’Ouest

L’endroit qui garantit une observation est Kelonia, à Saint-Leu : un observatoire des tortues marines doublé d’un centre de soins, installé dans les bassins d’une ancienne ferme d’élevage. Une partie des animaux qu’on y voit sont des pensionnaires en convalescence, relâchés ensuite. C’est de l’autre côté de l’île : depuis Saint-Philippe, c’est une journée et pas une demi-journée, et il vaut mieux vérifier les horaires d’ouverture avant de prendre la route.

En mer, les observations fiables se font également sur la côte Ouest, où des tortues broutent à faible profondeur devant certaines baies et tolèrent des nageurs qui restent à distance. L’essentiel des sorties encadrées part de là. Les règles, elles, ne changent pas d’une côte à l’autre : on regarde, on ne poursuit pas.

Questions fréquentes

Y a-t-il une saison pour les voir ?

Non, les tortues sont présentes autour de l’île toute l’année et ne suivent pas le calendrier des vacances. Ce qui change, c’est l’état de la mer : une houle forte rend toute observation impossible, quel que soit le mois. La ponte, quand elle a lieu, se concentre pendant la saison chaude, mais elle ne concerne pas cette côte.

Peut-on nager avec une tortue à La Réunion ?

Là où la baignade est autorisée, une tortue peut passer et vous avez le droit de la regarder. Ce qui est interdit, c’est de la poursuivre, de la toucher, de la chevaucher ou de lui couper la route vers la surface. Dans le Sud-Est la question ne se pose pas, puisque la baignade en mer y est interdite hors des zones surveillées.

Que faire devant une tortue échouée ou blessée ?

Ne pas la remettre à l’eau, ne pas la déplacer, éloigner les chiens et les curieux, et noter précisément l’endroit. Une tortue qui s’échoue est presque toujours une tortue malade ou blessée : la repousser vers la mer revient souvent à la noyer. Prévenez le centre de soins de Kelonia ou, à défaut, la gendarmerie, qui sait qui appeler.

Les enfants risquent-ils d’être déçus ?

Si on leur promet des tortues, oui. Le Sud sauvage se prête mal aux animaux qu’on montre du doigt : ce qu’on voit à coup sûr, ce sont les paille-en-queue au-dessus des falaises, les caméléons et les geckos du jardin. Pour l’observation garantie, il faut prévoir la journée à l’Ouest et l’annoncer comme telle.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, à 2,6 km du Puits des Anglais et à 8,9 km des falaises du Cap Méchant, d’où l’on scrute la mer les matins de houle faible. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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