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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation

Le carnet S'informer

Tunnels de lave à La Réunion : les visiter en sécurité

8 min de lecture

Un tunnel de lave est une galerie laissée par une coulée : la surface se fige en croûte pendant que la lave continue de circuler dessous, et quand l’éruption s’arrête, le conduit se vide. À La Réunion, ces galeries se visitent uniquement avec un accompagnateur, casque et frontale fournis — il n’existe aucun tunnel aménagé, balisé et éclairé où l’on entrerait seul, ticket en poche.

Une galerie que la lave a creusée elle-même

La lave du Piton de la Fournaise est fluide. Quand elle s’étale, sa surface durcit vite au contact de l’air et forme une croûte, tandis que l’intérieur reste chaud et continue d’avancer dessous. Cette croûte isole : c’est ce qui permet à une coulée de parcourir des kilomètres sans se figer et d’atteindre l’océan. Elle voyage sous son propre toit. Quand l’alimentation cesse, ce qui reste de lave s’écoule vers le bas et laisse le vide.

Les dimensions n’ont rien de régulier : on passe, dans la même sortie, d’un boyau où l’on avance plié à une galerie où l’on tient debout. À l’intérieur, tout raconte l’écoulement. Le sol est de la lave cordée, plissée comme un cordage, jamais plat. Sur les parois, des lignes horizontales marquent les niveaux successifs de la coulée, comme les traces d’une rivière qui baisse, et au plafond pendent de petites stalactites de roche fondue. Dès que les frontales s’éteignent, le noir est total, sans repère.

Où l’on en trouve, et pourquoi c’est ici

Les réseaux se concentrent dans le Grand Brûlé, la pente nue par laquelle le volcan descend jusqu’à la mer, entre Saint-Philippe et Sainte-Rose. C’est le seul secteur de l’île où les coulées arrivent régulièrement à l’océan, en coupant la route nationale au passage — 1977 à Piton Sainte-Rose, 1986 à la Pointe de la Table, 2007 dans le Grand Brûlé. Le sous-sol y est un empilement de conduits d’âges très différents, les plus anciens sous la forêt, les plus récents encore noirs en surface.

Les entrées ne sont signalées nulle part : pas de panneau, pas de parking, pas de sentier balisé. Une partie du secteur est dans le périmètre du Parc national, et certains accès traversent des terrains privés. C’est l’exploitant qui donne le rendez-vous, le plus souvent sur la portion de nationale qu’on appelle ici la route des laves. Depuis la maison, on y est en moins d’une heure : l’Anse des Cascades est à 33,4 km, Notre-Dame des Laves à 37,9 km et 47 minutes. Le reste du secteur est décrit sur la page que faire à Saint-Philippe.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
La côte du Grand Brûlé. Sous cette surface, les mêmes coulées ont laissé des galeries : ce qu’on traverse en voiture se visite aussi par l’intérieur.

Ce qui rend l’accompagnateur obligatoire

Ce n’est pas une formalité commerciale. Cinq raisons, et elles se cumulent.

  • On ne voit que ce que l’on éclaire. Une frontale éclaire devant, pas autour ; les galeries se ressemblent, se divisent, et le retour n’a pas l’allure de l’aller — c’est le même couloir vu dans l’autre sens.
  • La roche coupe. Le basalte râpe comme du verre pilé : une chute banale se solde par des paumes et des genoux ouverts, et le plafond bas rappelle vite à quoi sert le casque.
  • Le plafond n’est pas partout sain. Les entrées d’aujourd’hui sont souvent d’anciens effondrements. Il y en a eu d’autres, et il y en aura.
  • Il n’y a aucun réseau sous terre. Une entorse loin de l’entrée devient un vrai problème si personne, à l’extérieur, ne sait où vous êtes.
  • L’eau entre. Un tunnel est un drain : une forte pluie en amont peut le remplir en partie, et cela ne se voit pas depuis l’entrée.

Le casque, la frontale et les gants viennent avec l’accompagnateur. Il connaît son réseau, sait quels passages sont sains, et fait demi-tour quand il le juge nécessaire. Cela se réserve à l’avance, les groupes étant petits. Nous n’affichons ici ni tarif ni horaire : cela dépend de l’exploitant et cela change. Jenny vous dira qui appeler.

L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation
L’intérieur d’une galerie, près d’une entrée : c’est la seule portion où le jour entre encore. Vingt mètres plus loin, il ne reste que le faisceau de la frontale.

Ce qu’on met sur soi, et ce qu’on ne fait pas

  • Des chaussures fermées à semelle épaisse, que vous acceptez d’abîmer. Une paire de toile s’use en une sortie, les sandales sont à exclure.
  • Un pantalon long. Les genoux servent, et la lave ne pardonne pas le tissu fin.
  • Un haut dont la couleur vous est indifférente. La poussière de lave ne part pas toujours au lavage.
  • De l’eau. L’air est humide et l’effort n’est pas nul.
  • Un téléphone chargé, comme éclairage de secours et pas comme éclairage principal.

Sur place, la règle tient en une phrase : on ne casse rien et on ne ramasse rien, morceau de lave compris. Les concrétions du plafond se brisent d’un doigt, et le secteur est dans le Parc national.

À qui cette sortie ne convient pas

Si les espaces fermés vous mettent mal à l’aise, ce n’est pas la visite qui vous en guérira. Le noir est complet, les passages sont étroits, on ne fait pas demi-tour quand on veut et la sortie peut être loin derrière. Mieux vaut le savoir en réservant.

Un dos ou un genou fragile pose la même question : on se baisse, on enjambe, et par endroits on progresse à quatre pattes sur une surface irrégulière.

Pour les enfants, l’âge minimum est fixé par l’exploitant : il se demande avant de réserver, pas sur le parking. Les passages bas et l’obscurité écartent les plus jeunes. Ici, Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé.

Enfin, la sortie peut être annulée : la caler en début de séjour laisse une seconde chance, la veille du départ n’en laisse aucune.

Voir de la lave sans descendre sous terre

Le Cap Méchant, à 8,9 km et douze minutes de route, montre la même matière à l’air libre : des falaises de lave noire et un sentier littoral sous les vacoas. Aucun matériel, aucune réservation. La route des laves, elle, se parcourt en voiture, avec des panneaux qui donnent l’année de chaque coulée franchie.

Le volcan lui-même est une autre journée : le Pas de Bellecombe est à 77,5 km et à environ deux heures de route, et cela ne se combine pas avec un tunnel le même jour. Les deux sorties partent le matin, après le petit déjeuner compris, servi sur la varangue.

On revient d’un tunnel poussiéreux, avec de la poussière de lave dans les cheveux. C’est le jour où la piscine du jardin sert le plus, avant même la douche.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant : une coulée ancienne que la mer découpe par en dessous. La même roche que sous terre, vue de l’extérieur, sans casque et sans réserver.

Questions fréquentes

Fait-il froid dans un tunnel de lave ?

Non. L’air y est doux, sans vent ni soleil, et surtout humide. Ce qui gêne n’est pas la température mais l’humidité et le casque. Un tee-shirt suffit ; prévoyez plutôt de quoi vous changer au retour.

Peut-on y voir de la lave incandescente ?

Jamais. Les tunnels visités sont froids et vidés depuis des années, souvent bien davantage. La lave en fusion ne se voit que pendant une éruption, à l’air libre et de loin, et l’accès au secteur du volcan est alors le plus souvent fermé par arrêté.

Peut-on entrer dans un tunnel par ses propres moyens ?

Des effondrements se devinent depuis la route, et l’envie se comprend. Mais rien n’est balisé ni sécurisé, une partie des terrains est privée ou protégée, et un accident sous terre se secourt mal quand personne ne sait où vous êtes. C’est le seul point de cet article sans nuance.

Que se passe-t-il si l’accompagnateur annule ?

La pluie du jour n’empêche pas grand-chose, puisqu’on est sous terre. C’est l’eau déjà entrée dans la galerie qui fait annuler, et une forte pluie la veille peut suffire. Les jours sans tunnel, la forêt de Mare-Longue, à 11,7 km, et le Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km, se visitent très bien sous une averse.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Coco Vanille est à Saint-Philippe, du bon côté du Grand Brûlé pour partir tôt vers un tunnel de lave et rentrer se rincer dans la piscine. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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