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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
Le portillon en bois et fer forgé avec le panneau « Entrée Coco Vanille », sous la voûte de verdure

Le carnet S'informer

Vanille de Bourbon : d’où elle vient, comment la choisir

8 min de lecture

Bourbon est l’ancien nom de La Réunion, mais sur une étiquette, ce mot ne désigne pas une île : c’est une appellation commerciale qui couvre plusieurs producteurs de l’océan Indien — La Réunion, Madagascar, les Comores, Maurice, les Seychelles — et l’essentiel de ce qui se vend sous ce nom vient de Madagascar. Une gousse qui vaut son prix, elle, se reconnaît d’abord au toucher : souple et grasse, elle s’enroule autour du doigt sans casser.

Ce que « Bourbon » veut dire sur un bocal

L’île a porté le nom de Bourbon jusqu’au milieu du XIXe siècle. À l’époque où l’appellation s’est installée dans le commerce, c’est ici qu’on produisait la vanille ; la culture s’est ensuite déplacée, et Madagascar est devenue de très loin le premier producteur mondial. Le nom, lui, est resté attaché à la zone plutôt qu’à l’île.

Concrètement, « vanille Bourbon » désigne aujourd’hui de la Vanilla planifolia cultivée dans le sud-ouest de l’océan Indien. Ce n’est pas une tromperie, c’est une catégorie — mais elle ne vous apprend rien sur le pays de récolte. Si vous cherchez de la vanille réunionnaise, ce sont les mentions à côté qui comptent : le pays de production, et souvent le nom du planteur ou de la coopérative. Quand rien de tout cela n’est écrit, c’est que ce n’est pas l’argument du vendeur.

Une maison qui porte le nom sans cultiver la liane

Autant le dire tout de suite : Coco Vanille est une maison d’hôtes à Saint-Philippe, pas une exploitation. La liane spectaculaire du jardin, celle que tout le monde photographie, n’est pas de la vanille : c’est une liane de jade, avec ses grappes de fleurs turquoise.

Grappes de fleurs turquoise de la liane de jade, une plante rare du jardin
La liane de jade du jardin. C’est la seule liane remarquable de la maison — la vanille, elle, est beaucoup plus discrète et se cultive en sous-bois, sous couvert d’arbres.

Ce qui porte le nom, ce sont les chambres : La Vanille accueille trois personnes, dispose d’un lit bébé et donne sur le jardin. Et le petit déjeuner, compris dans le prix, se prend sur la varangue.

Sans le geste d’Edmond Albius, elle serait restée au Mexique

La vanille est une orchidée grimpante originaire d’Amérique centrale. Transportée ici au début du XIXe siècle, elle a poussé, elle a fleuri, et elle n’a rien donné : l’insecte qui la féconde chez elle n’a jamais fait le voyage. Pendant des années, on a eu des lianes magnifiques et aucune gousse.

En 1841, sur une propriété de Sainte-Suzanne, un jeune esclave d’une douzaine d’années, Edmond Albius, trouve le geste : soulever la fine membrane qui sépare les organes mâle et femelle de la fleur, et les mettre en contact. Simple, rapide, reproductible. C’est ce geste, refait à la main fleur par fleur, qui produit aujourd’hui la quasi-totalité de la vanille du monde — Mexique compris. Albius a été affranchi à l’abolition et il est mort pauvre. Cela vaut d’être su avant d’acheter une gousse : ce qu’on paie, c’est d’abord du travail humain.

Neuf mois sur la liane, puis des mois encore

La fleur s’ouvre un matin et se referme le soir même. Ratez la matinée, il n’y a pas de gousse. Pendant les quelques semaines de floraison, quelqu’un passe donc chaque matin dans les rangs, fleur après fleur.

La gousse met ensuite environ neuf mois à mûrir sur la liane. On la récolte verte, et à ce stade elle ne sent rien du tout : aucun parfum. Tout se joue après, dans la préparation — l’échaudage à l’eau chaude, l’étuvage, des semaines de séchage alternant soleil et ombre, puis un affinage en malle pendant des mois. C’est là que l’arôme apparaît, et c’est un métier à part entière.

Il faut de l’ordre de cinq kilos de gousses vertes pour obtenir un kilo de vanille préparée. Ajoutez la fécondation manuelle, les neuf mois d’attente et l’année de travail qui suit, et le prix cesse d’être mystérieux. À l’inverse, une vanille très bon marché a forcément économisé quelque part : sur la maturité, sur le séchage, ou sur ce qu’il y a réellement dans le flacon.

Ce qu’on regarde avant d’acheter

Ce qui se touche

Une gousse bien préparée est souple et légèrement grasse : elle s’enroule autour du doigt et revient. Une gousse qui craque ou qui casse est sèche — elle n’est pas dangereuse, elle a simplement perdu une partie de ce que vous payez. La couleur va du brun foncé au noir, à peu près uniforme, et la gousse est charnue plutôt que plate.

Le givre n’est pas de la moisissure

Sur certaines gousses anciennes, de fins cristaux blancs en aiguilles apparaissent en surface : c’est du givre, de la vanilline cristallisée, et c’est recherché. La moisissure, elle, forme des plaques duveteuses grises ou verdâtres et sent le renfermé. Le nez tranche en une seconde : approchez la gousse, une vanille qui ne sent rien n’a rien à donner.

Ce que l’étiquette doit porter

L’espèce (Vanilla planifolia), le pays de production, et idéalement le nom du producteur ou de la coopérative. Sachez aussi que les gousses fendues se vendent moins cher pour le même arôme : elles sont moins jolies, c’est tout, et pour cuisiner elles font parfaitement l’affaire. Enfin, dans un rayon, « arôme vanille » et « extrait naturel de vanille » ne sont pas la même marchandise ; la première formule n’engage pas grand-chose.

Où voir la liane, à côté de la maison

La vanille ne fait pas de champ. Il lui faut un tuteur pour grimper et de l’ombre au-dessus, ce qui la destine au sous-bois : entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, on longe des cultures sans les remarquer. C’est aussi pour cela qu’une plantation ne se visite pas en s’arrêtant au bord de la route.

Le Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km de la maison, est adossé à la forêt de Mare-Longue : les épices et la vanille y poussent sous les arbres, et c’est l’endroit le plus proche pour voir la liane sur son tuteur. Vérifiez les jours et les horaires avant de descendre, ils changent. Plus loin, la coopérative de vanille de Bras-Panon, sur la côte Est, est le lieu où l’on comprend la préparation — mais Bras-Panon est au-delà de Saint-Benoît, déjà à 56,9 km : c’est une journée entière, pas une sortie d’après-midi.

Racines monumentales dans la forêt tropicale de Mare-Longue, sur le sentier botanique
Le sentier botanique de Mare-Longue, à 11,7 km : humidité constante, lumière filtrée. C’est le milieu que la vanille demande — un sous-bois, jamais un champ en plein soleil.

Le reste des sorties du secteur, sentiers compris, est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Questions fréquentes

Comment garder une gousse une fois rentré ?

Dans un bocal en verre fermé, à température ambiante et à l’abri de la lumière. Surtout pas au réfrigérateur : le froid crée de la condensation, et c’est comme cela qu’on fabrique de la moisissure. Une gousse qui a durci n’est pas perdue — coupée en morceaux dans un bocal de sucre, elle le parfume pendant des mois.

Peut-on la rapporter dans ses bagages ?

La vanille préparée est un produit sec, sans liquide, et elle voyage sans difficulté pour un usage personnel. Ce sont les végétaux vivants — une bouture, une plante en pot — qui posent une question phytosanitaire. Si c’est ce que vous envisagez, renseignez-vous avant le départ plutôt qu’au comptoir d’enregistrement.

Peut-on assister à la fécondation à la main ?

La floraison ne dure que quelques semaines dans l’année et le geste se fait tôt le matin : ce n’est pas un spectacle programmé, cela se demande sur place et cela dépend de l’année. Hors de cette période, il n’y a rien à voir de ce côté-là. Le mois de votre séjour ne change rien à ce que vous payez chez nous : le tarif est le même toute l’année, il est sur la page des tarifs.

La vanille de La Réunion est-elle meilleure que celle de Madagascar ?

Pas mécaniquement. La qualité tient à la préparation et à la fraîcheur bien plus qu’à l’île de récolte : il existe d’excellentes vanilles malgaches comme des réunionnaises quelconques. Ce qui distingue la production locale, c’est sa petitesse — peu de planteurs, des volumes faibles, un prix qui s’en ressent. On y achète une origine et une rareté, pas une supériorité automatique.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, à 5,9 km du Jardin des Parfums et des Épices, avec salle d’eau privative et petit déjeuner compris. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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