Aller au contenu
Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
Illustration : le Piton de la Fournaise et une coulée

Le carnet S'informer

Voir le volcan sans randonner : les vues accessibles

8 min de lecture

Depuis le parking du Pas de Bellecombe, la vue sur l’enclos se prend en quelques minutes de marche sur un sentier aménagé : la randonnée commence après, quand on descend l’escalier, et rien n’oblige à le descendre. Plus bas, la route du littoral traverse les coulées du Grand Brûlé — le même volcan, vu par ce qu’il a produit.

Voici les points de vue qui ne demandent pas de marcher, et ce que « sans randonner » ne veut pas dire.

Le belvédère du Pas de Bellecombe

C’est la vue la plus large, et la plus lointaine : 77,5 km depuis la maison par la route, environ deux heures. On remonte par Bourg-Murat, à la Plaine-des-Cafres — 53,8 km, un peu plus d’une heure — puis on prend la route de la Plaine des Sables. C’est une journée, pas une sortie d’après-midi.

Une fois la voiture garée, en revanche, l’effort est minime. Un sentier aménagé mène au bord du rempart, et de là on voit l’enclos Fouqué s’ouvrir en contrebas, le petit cône du Formica Leo posé sur le plancher de lave, et le massif du Dolomieu au fond. L’escalier qui descend dans l’enclos est le début d’une vraie randonnée : plusieurs heures sur la lave, sans ombre, avec le retour en montée. Beaucoup de visiteurs s’arrêtent au bord et repartent — c’est une visite entière, pas un lot de consolation.

Deux réserves. La brume d’abord : elle monte régulièrement sur la Plaine des Sables en milieu de journée, et il n’y a alors plus rien à voir, ce qui impose de partir avant le jour. Le froid ensuite : on quitte le bord de mer en tee-shirt et on arrive en altitude, où le vent ne pardonne pas. La météo du secteur du volcan et l’état de l’accès — fermé par arrêté en cas d’éruption ou de mauvais temps — se vérifient la veille au soir plutôt que sur le parking. Ce départ matinal se prépare la veille : le petit déjeuner compris se prend sur la varangue, dont le réfrigérateur et le micro-ondes servent aussi à emporter de quoi tenir jusqu’au retour.

La route du volcan est elle-même le point de vue

Entre Bourg-Murat et le parking, la route s’arrête plusieurs fois, et chaque arrêt se fait à quelques pas de la voiture. Le Nez de Bœuf domine la Rivière des Remparts, une entaille profonde que l’on regarde depuis le bord de la route. Le cratère Commerson se voit depuis un belvédère, un peu plus haut. Puis la végétation disparaît d’un coup et l’on descend dans la Plaine des Sables, un plateau minéral qui ne ressemble à rien d’autre sur l’île.

C’est la partie du trajet que les gens racontent en rentrant, souvent plus que le cratère lui-même. Elle a son revers : la route est étroite et sinueuse, avec beaucoup de virages sur la fin, et les passagers sujets au mal des transports le sentent passer.

Le Grand Brûlé, à traverser en voiture

C’est l’option qui demande le moins. En sortant de Saint-Philippe vers l’est, la route du littoral traverse les coulées descendues du volcan jusqu’à l’océan. On roule dessus, on s’arrête où l’on veut. Les coulées les plus récentes sont encore nues et noires, les plus anciennes ont été reprises par la végétation, et l’on suit à l’œil le passage de l’une à l’autre. Les dates sont peintes au bord de la route.

Deux repères mesurés sur ce trajet : l’Anse des Cascades, à 33,4 km et environ trois quarts d’heure, et Notre-Dame des Laves à Sainte-Rose, à 37,9 km, l’église que la coulée de 1977 a contournée. En une demi-journée on a vu le travail du volcan de bout en bout, sans avoir marché. Le détail de ce qui se fait dans le secteur est sur la page que faire à Saint-Philippe.

La côte du Grand Brûlé : les coulées de lave descendues jusqu’à l’océan, reprises par la végétation
Le Grand Brûlé : les coulées arrivent jusqu’à l’océan et la route les traverse à plat.

La lave au bord de l’eau, à douze minutes

Le Cap Méchant est à 8,9 km, soit douze minutes de route. C’est une coulée ancienne arrivée à la mer et taillée depuis par la houle : des falaises de basalte noir, une allée plate qui les longe, l’océan qui frappe en dessous. Par grosse houle, l’eau remonte par les trous de la lave — c’est ce qu’on vient voir, et c’est aussi le jour où l’on reste loin du bord.

Encore plus près, le Puits des Anglais, au Baril, est à 2,6 km : un bassin creusé dans la lave en bord d’océan, que l’on regarde depuis le haut même quand la houle interdit d’y descendre. Pour nager sans dépendre de la mer du jour, il y a la piscine du jardin.

Les falaises de lave noire du Cap Méchant battues par l’océan, vues du ciel
Le Cap Méchant vu du ciel : une coulée ancienne taillée par la houle. L’allée qui longe la falaise est plate — c’est la sortie volcanique la plus courte du secteur.

Le tunnel de lave demande un peu plus

On le range volontiers parmi les visites sans effort, à tort. Les tunnels de lave de Saint-Philippe se visitent uniquement avec un accompagnateur, casque et lampe frontale, et l’on marche à l’intérieur sur un sol irrégulier, avec des passages où il faut se baisser franchement. Ce n’est pas une randonnée, mais ce n’est pas une visite assise non plus : les genoux, le dos et la claustrophobie ont leur mot à dire. La réservation se fait auprès de l’accompagnateur.

L’intérieur d’un tunnel de lave à Saint-Philippe : sol de lave figée, sortie vers la végétation
L’intérieur d’un tunnel de lave, à Saint-Philippe. La visite se fait accompagnée et le sol n’est jamais plat : c’est la seule sortie de cette liste qui demande d’être un peu valide.

Ce que « accessible à tous » ne recouvre pas

Sans randonner ne veut pas dire accessible en fauteuil, et mieux vaut le dire que le laisser croire. Nous n’avons pas d’information fiable sur les aménagements pour personnes à mobilité réduite, ni au Pas de Bellecombe ni sur les belvédères de la route : la question se pose auprès de l’office de tourisme avant de monter. Sur le littoral, les surfaces sont meilleures, mais la lave reste de la lave — irrégulière, coupante, et glissante quand elle est mouillée.

Reste la visibilité, et personne ne la garantit : il arrive qu’on monte pour trouver un mur de brume et qu’on redescende sans rien avoir vu. C’est la raison pour laquelle on ne cale pas le volcan sur la dernière matinée d’un séjour.

Questions fréquentes

Voit-on le volcan depuis la maison ?

Non. Depuis le jardin, on voit la pente monter vers l’intérieur des terres, pas le cratère : le Piton de la Fournaise est derrière les reliefs. Ce qui se voit d’ici, c’est ce qu’il a laissé — les coulées du Grand Brûlé, les falaises du Cap Méchant, les tunnels.

Peut-on voir de la lave couler depuis un belvédère ?

Cela ne se programme pas. Les éruptions ne suivent aucun calendrier, et quand il y en a une, l’accès au Pas de Bellecombe est le plus souvent fermé au public pendant l’événement. Le paysage du volcan se visite toute l’année ; la lave en mouvement, non.

Peut-on faire le belvédère et le Grand Brûlé le même jour ?

Mieux vaut ne pas essayer : les deux partent dans des directions opposées. Le Pas de Bellecombe se rejoint par les Hauts et Bourg-Murat, à 53,8 km, quand le Grand Brûlé s’étire vers l’est jusqu’à Notre-Dame des Laves, à 37,9 km. Le premier occupe une journée entière, le second une demi-journée ; les enchaîner revient à passer la journée au volant.

Que faire du volcan avec de jeunes enfants ?

La route est longue et sinueuse, le belvédère venteux et froid : ce n’est pas la meilleure première journée. La traversée du Grand Brûlé se fait au contraire par étapes courtes, avec des arrêts fréquents, et elle raconte la même histoire. Le Bambou et La Vanille accueillent trois personnes et disposent d’un lit bébé.

Y a-t-il un intérêt à monter quand le temps est couvert en bas ?

Souvent, oui : la couche de nuages du bord de mer n’est pas celle des Hauts, et il n’est pas rare de passer au-dessus. L’inverse arrive tout autant, ciel dégagé à Saint-Philippe et brume au parking. C’est la météo du secteur du volcan qui décide, jamais celle d’en bas.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, à 8,9 km du Cap Méchant et à l’entrée de la route qui traverse les coulées du Grand Brûlé. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

À lire aussi

Réserver