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Hiver austral à La Réunion : la saison sèche, mai à octobre
L’hiver austral court grossièrement de mai à octobre, et c’est la saison sèche de La Réunion : la plus stable de l’année, la meilleure pour marcher, et la seule où les baleines à bosse passent au large de l’île. Décembre et février, eux, tombent en plein été austral : la saison des pluies et des cyclones. Ce sont pourtant deux périodes de vacances scolaires en métropole, et c’est souvent ce calendrier-là qui décide de la date du billet.
Le calendrier est à l’envers
La Réunion est dans l’hémisphère sud. Quand il fait froid à Lyon, il fait chaud et lourd ici ; quand la métropole part en vacances au mois d’août, l’île est en hiver. Écrite comme ça, l’inversion paraît évidente, et c’est pourtant le premier malentendu : on imagine qu’une île tropicale se visite pendant l’hiver métropolitain, comme on part aux Antilles.
Les deux saisons ne se ressemblent pas. L’été austral, de novembre à avril, est chaud, humide, orageux, et c’est la saison cyclonique. L’hiver austral est plus frais, nettement plus sec, et le ciel se dégage plus souvent — ce qui compte beaucoup quand l’objectif de la journée est un sommet ou un cratère.
Ce que la saison sèche rend possible
Marcher, d’abord. Les sentiers du Sud sont praticables toute l’année, mais en été ils sont gras, les rivières montent vite et les nuages tombent tôt dans l’après-midi. En saison sèche, les matinées sont dégagées bien plus souvent, et c’est à ce moment-là que se font les randonnées.
Depuis Saint-Philippe, en distances routières mesurées : la forêt de Mare-Longue est à 11,7 km, la cascade de Grand Galet à 18 km, le Cap Méchant à 8,9 km. Le volcan est une autre affaire. Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos, est à 77,5 km et environ deux heures de route. Ce n’est pas la porte à côté : c’est une journée entière, avec un départ avant le jour si l’on veut voir le cratère avant que les nuages ne montent. Toutes ces sorties se font à la journée, aller et retour, depuis une chambre d’hôtes à Saint-Philippe : on garde la même base plutôt que de refaire ses valises tous les deux jours.

Les baleines, et ce qu’on ne vous promet pas
Les baleines à bosse quittent les eaux froides du Sud pendant l’hiver austral et remontent mettre bas plus au nord. Elles passent au large de La Réunion à cette période, et à aucune autre. C’est tout ce que la saison garantit : leur présence dans la zone, pas leur passage devant vous.
Deux précisions honnêtes. D’abord, les sorties en mer ne partent pas d’ici : elles s’organisent surtout depuis l’Ouest et depuis Saint-Pierre, qui est à 29,6 km, soit un peu moins de quarante minutes de route. Ensuite, depuis la côte, on voit parfois un souffle, parfois un saut, souvent rien du tout. Personne ne peut vous vendre une observation.
Ce que l’hiver austral ne donne pas
Une saison se juge aussi à ce qu’elle enlève.
- Une mer chaude. L’eau est plus fraîche qu’en été. Sur un bain d’une heure, ça se sent.
- Une côte calme. L’hiver austral est la saison de la houle australe : les grosses vagues venues du Sud arrivent sur cette côte-ci. Les bassins du littoral, comme le Puits des Anglais à 2,6 km, deviennent inutilisables quand elle monte, et cela se respecte plutôt que cela ne se teste. La piscine du jardin, elle, ne dépend pas de la houle.
- De longues soirées. La nuit tombe tôt, et vite. Pas de crépuscule qui s’étire comme un mois de juin en France : en fin d’après-midi, la journée est terminée.
- De la chaleur dans les Hauts. Sur le plateau du volcan, ou à la Plaine-des-Cafres dont Bourg-Murat est à 53,8 km, il fait franchement froid au petit matin. Une polaire et un coupe-vent ne sont pas du folklore.
- Un ciel sec partout. Le Sud-Est reste le côté de l’île qui prend la pluie. Il en tombe moins qu’en été, mais il en tombe. C’est le prix de la forêt.

Juillet-août, ou les mois d’à côté
Un détail de calendrier fausse tout le reste : les grandes vacances scolaires métropolitaines tombent en juillet-août, donc en plein hiver austral. C’est le moment où l’île se remplit, où la voiture de location se réserve bien avant le départ, et où beaucoup d’hébergements appliquent une haute saison.
Mai, juin, septembre et octobre donnent la même météo sèche sans cette pression. Pour qui peut choisir ses dates, ce sont les meilleurs mois de l’année. Ici, la date ne change rien : c’est le même tarif en juillet qu’en février, sans haute saison ni supplément de fêtes, et il est affiché sur la page des tarifs.
Dormir dans le Sud pendant la saison sèche
Coco Vanille est une maison d’hôtes de quatre chambres à Saint-Philippe. Chacune a sa salle d’eau et ses toilettes privatives, la climatisation et le linge fourni ; le petit déjeuner est compris. En hiver austral, il se prend sur la varangue sans transpirer dedans, ce qui n’est pas toujours vrai au mois de février.

La varangue commune est ouverte à tous, avec réfrigérateur, micro-ondes et vaisselle. Le soir, comme la nuit tombe tôt et que les commerces du Sud ne sont pas au bout de la rue, c’est là qu’on réchauffe et qu’on mange ce qu’on a rapporté dans la journée : une soirée de moins à passer sur la route. Pour deux personnes qui rentrent de randonnée, L’Orchidée a sa petite terrasse privée ; Le Bambou et La Vanille reçoivent jusqu’à trois personnes avec un lit bébé possible, et Le Coco donne directement sur la piscine.
Questions fréquentes
Quand commence et quand finit l’hiver austral ?
Il n’y a pas de date officielle affichée à l’entrée de l’île. On parle en général de mai à octobre, avec un cœur de saison sèche au milieu de cette période. Les mois de bascule ressemblent à l’une ou à l’autre saison selon les années, et personne sur place ne s’y risque à l’avance.
Faut-il emporter des vêtements chauds ?
Sur le littoral du Sud, une petite laine pour le soir suffit. Dès qu’on monte, c’est autre chose : polaire, coupe-vent, bonnet si le départ se fait avant le jour. Le détail se découvre trop tard, sur le parking du Pas de Bellecombe, en tee-shirt.
Y a-t-il un risque de cyclone à cette période ?
La saison cyclonique est celle de l’été austral, de novembre à avril environ. L’hiver austral est en dehors, et c’est l’un des arguments les plus solides en faveur de cette période pour un premier séjour. En été, une alerte peut bloquer un séjour entier, route et sentiers compris.
Peut-on quand même se baigner ?
Oui, en acceptant une eau plus fraîche et en regardant l’état de la mer avant de partir. Sur la côte sud, c’est la houle qui décide, et les bassins naturels ne sont pas praticables tous les jours. Les lagons abrités sont sur la côte ouest, à l’autre bout de l’île.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ?
Quatre chambres à Saint-Philippe, à 11,7 km de la forêt de Mare-Longue et à deux heures de route du Pas de Bellecombe : une base fixe pour un séjour de saison sèche.
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