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Chambres d'hôtes dans le Sud sauvage, à Saint-Philippe Petit déjeuner compris
Coco Vanille Chambres d'hôtes · Saint-Philippe
La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan

Le carnet S'informer

Le vacoa : le fruit, l’arbre, le tressage

8 min de lecture

Le mot « vacoa » recouvre trois choses qu’on mélange souvent : l’arbre du littoral, son fruit — qui porte ici son propre nom, le pimpin — et la matière qu’on tresse pour en faire des sacs et des chapeaux. Ce qu’on trouve dans l’assiette n’est ni l’arbre ni le fruit, c’est le chou : le cœur tendre pris au centre de la plante. Voici ce que chacun de ces mots désigne, et où voir la plante sur pied à quelques kilomètres de la maison.

L’arbre : un pandanus qui tient debout sur ses racines

Le vacoa est un pandanus, pas un palmier, même si la silhouette y fait penser. Trois signes suffisent à le reconnaître.

  • Les racines-échasses. Elles descendent du tronc en biais et se plantent autour du pied, comme des haubans. De quoi tenir dans un sol maigre et sous un alizé permanent.
  • Les feuilles en lames, disposées en spirale. Longues et rigides, elles s’enroulent autour de la tige ; en tombant, elles laissent sur le tronc une cicatrice en spirale bien visible.
  • Les épines. Sur les deux bords de la feuille et sur la nervure centrale, tournées vers la pointe. Elles ne sont pas décoratives.

Le vacoa pousse face à l’océan, sur la roche et dans le sel des embruns, là où peu de choses tiennent. C’est exactement ce qu’offre la côte sud-est, et c’est pour cela qu’on en voit ici plus qu’ailleurs : en bosquets serrés sur le front de mer, isolés le long de la route littorale.

Dernier point : tous les pieds ne portent pas de fruit. Le vacoa a des pieds mâles et des pieds femelles, et seuls les seconds fructifient. On peut donc longer une forêt entière sans voir une seule boule orange.

La forêt de vacoas du littoral du Baril, face à l’océan
Le littoral du Baril, à 2,6 km de la maison. Les racines-échasses qui partent du tronc en biais sont le signe le plus sûr : un palmier n’en a pas.

Le pimpin : le fruit qu’on voit avant de le comprendre

Le fruit du vacoa s’appelle le pimpin. C’est une grosse boule faite de segments serrés les uns contre les autres, verte d’abord, orangée en mûrissant, accrochée en hauteur au milieu des feuilles. Elle se remarque de loin, et beaucoup de gens la photographient en pensant voir un ananas sauvage.

Il se cuisine, mais il reste marginal à côté du chou : ce n’est pas lui qui remplit les cartes des snacks du secteur. Un fruit mûr tombe de lui-même, et il est lourd : ce n’est pas un arbre sous lequel on installe une chaise ou une poussette.

Le chou : la partie qui passe à table

Le chou de vacoa est le cœur tendre de la plante. Il se sert en salade, cru ou blanchi, avec de l’huile et du citron, et il se fait aussi en cari ou en gratin. La texture est ferme et fibreuse, le goût nettement amer et végétal. C’est un produit qui divise : autant le goûter en petite portion avant d’en commander une assiette.

Le prélever coûte la tige sur laquelle il pousse. La plante en repousse d’autres, mais lentement : c’est pourquoi le chou de vacoa ne se trouve pas partout et n’a rien d’un légume de tous les jours.

Un point pratique, tant qu’on y est. La varangue commune dispose d’un réfrigérateur, d’un micro-ondes et de la vaisselle : une salade de vacoa achetée dans l’après-midi au bourg se mange très bien là le soir, sans reprendre la voiture. Le matin, c’est le petit déjeuner, compris dans le prix.

De la feuille à la lanière : ce que le tressage demande avant de tresser

Le tressage lui-même arrive en dernier. Avant, une suite d’opérations manuelles prend le plus clair du temps.

  1. La coupe. On prélève les feuilles les plus longues, sur un pied qu’on ne dépouille pas entièrement.
  2. L’épinage. Les deux bords et la nervure centrale sont retirés à la main, feuille par feuille. C’est l’étape la plus ingrate.
  3. Le séchage. Au soleil, ce qui assouplit et éclaircit la feuille. Une feuille mal séchée moisira dans l’objet fini, des mois plus tard.
  4. La refente. La feuille est fendue en lanières de largeur régulière. Cette largeur décide de tout : plus elles sont fines, plus le tressage est serré et long.
  5. Le tressage. Sans machine, sans moule, sur un motif que la vannière tient en tête.

Ce qu’on en fait, et comment reconnaître une pièce tressée à la main

Le classique du répertoire est le bertel : un sac à dos plat, tressé, qu’on portait pour aller au champ. À côté, les paniers de marché, les chapeaux, les sets de table, les nattes et les corbeilles.

Deux choses à regarder avant d’acheter. Le bord et les anses d’abord : c’est là que se voit la finition, et c’est par là qu’une pièce mal finie commence à se défaire. La régularité ensuite, mais dans le bon sens — un tressage à la main n’est jamais parfaitement régulier, et cette irrégularité est un critère de reconnaissance, pas un défaut. La question la plus utile reste le nombre d’heures qu’a pris la pièce ; la réponse en dit plus long qu’une étiquette. Un objet en vacoa fonce avec les années : c’est normal et cela ne s’empêche pas.

Ces objets se vendent chez les artisans et au bord de la route. Une fois par an, la Fête du Vacoa les réunit tous à Saint-Philippe, traditionnellement en août ; la date est arrêtée par la commune quelques semaines avant, et c’est auprès d’elle qu’il faut la vérifier.

Vannerie de vacoa tressée à la main sur un stand de la Fête du Vacoa, à Saint-Philippe
Des pièces tressées à la main, à Saint-Philippe. La largeur des lanières indique à elle seule le temps qu’il a fallu.

Où voir des vacoas autour de la maison

Pas besoin d’aller loin : la plante est ici, sur le front de mer. Le littoral du Baril est à 2,6 km, cinq minutes de route, et le Cap Méchant à 8,9 km, une douzaine de minutes — là-bas, le sentier passe entre les pieds, derrière la falaise. Ce sont les deux endroits les plus simples pour voir le vacoa sur pied, racines et épines comprises. Au Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km, les plantes utiles s’expliquent une par une.

La réserve, maintenant : une forêt de vacoas se traverse en quelques minutes et ne fait pas une sortie à elle seule. Personne ne vient à La Réunion pour voir des vacoas. En revanche, une fois qu’on sait les reconnaître, on ne voit plus qu’eux sur la route du littoral. Le reste de ce qu’il y a à faire dans un rayon court est sur la page que faire à Saint-Philippe.

Questions fréquentes

Peut-on couper un chou de vacoa soi-même ?

Non. Le prélèvement coûte la tige entière, qui met du temps à repousser, et les vacoas du littoral poussent sur des terrains qui ont un propriétaire. Ce n’est pas une cueillette de bord de route : le chou s’achète auprès de ceux qui le cultivent, ou se mange préparé.

Vacoa, pimpin, pandanus : quel mot pour quoi ?

Pandanus est le nom botanique du genre. Vacoa est le nom créole de l’arbre du littoral. Pimpin désigne son fruit — et, selon les personnes, un pandanus voisin. L’essentiel : le chou et le pimpin viennent du même arbre, mais ce sont deux parties et deux préparations différentes.

Les feuilles piquent-elles vraiment ?

Oui. Les épines des bords sont orientées vers la pointe de la feuille : on ne se blesse pas en effleurant, on se coupe en tirant. La règle est donc de regarder sans attraper, et de ne pas laisser un enfant se suspendre à une feuille. Avec de jeunes enfants, Le Bambou et La Vanille reçoivent trois personnes et disposent d’un lit bébé.

Un panier tressé voyage-t-il bien ?

C’est un objet en fibre sèche, léger et volumineux : il tient mieux en cabine, à moitié rempli de vêtements pour qu’il garde sa forme, qu’écrasé au fond d’une soute. Les restrictions au départ de l’île visent les végétaux frais, pas la vannerie sèche. Le vrai risque est l’humidité : un panier enfermé mouillé arrive marqué.

Faut-il venir au mois de la fête pour voir tout cela ?

Non. Les arbres sont là toute l’année, la salade de vacoa se sert toute l’année dans les snacks du secteur, et les artisans travaillent chez eux le reste du temps. Seule la fête a une date. Sur l’île, le mois choisi pèse souvent sur la facture d’hébergement ; ici, non : le tarif est le même toute l’année et il est affiché sur la page tarifs.

Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Les vacoas du littoral sont à 2,6 km au Baril et à 8,9 km au Cap Méchant, et la varangue permet de dîner sur place ce qu’on a rapporté du bourg. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.

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