
Le carnet S'informer
Que faire à Saint-Philippe quand il pleut — Sud sauvage
Dans le Sud-Est, la pluie est le plus souvent courte et très localisée : la première chose à faire, un matin gris, c’est de regarder si elle tombe aussi à Saint-Joseph, à 12,6 km d’ici. Si elle s’installe vraiment, il reste ce qui se visite à l’abri — un tunnel de lave, une forêt sous canopée —, les cascades, qui n’ont jamais meilleure allure qu’à ce moment-là, et la route de l’Ouest, où il ne pleut souvent pas du tout.
La pluie d’ici est rarement générale
Saint-Philippe reçoit les alizés de face. C’est ce qui rend la commune aussi verte, et c’est aussi ce qui explique qu’il puisse pleuvoir au Baril pendant que Saint-Joseph, à dix-huit minutes de route, reste au sec. Saint-Pierre est à 29,6 km, soit trente-sept minutes : c’est déjà un autre climat. Avant de rayer une journée, il vaut mieux regarder une image radar, ou appeler quelqu’un sur place, plutôt qu’une prévision à cinq jours qui ne dit rien de ces écarts-là.
Le schéma le plus fréquent, ici, est le suivant : matinée dégagée, nuages qui montent en milieu de journée, averse l’après-midi, éclaircie le soir. Ce n’est pas une loi, mais elle se vérifie assez souvent pour organiser un séjour dessus — les visites le matin, le reste ensuite. Il existe malgré tout des épisodes de pluie continue sur deux ou trois jours, surtout entre janvier et mars : quand cela tombe sur votre semaine, aucune astuce d’organisation n’y change rien.
Trois visites qui tiennent sous l’averse
Le tunnel de lave. C’est la sortie qui résiste le mieux au mauvais temps, pour une raison simple : il n’y pleut pas. Les coulées du Grand Brûlé ont laissé sous la surface des galeries entières, que l’on parcourt avec un accompagnateur, casque et lampe frontale. On ne s’y engage pas seul, et cela se réserve à l’avance plutôt que le matin même. Une réserve honnête : par très fortes pluies, c’est l’accompagnateur qui décide d’annuler, et il a raison de le faire.
Le Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km et sept minutes. Ce n’est pas un jardin de plates-bandes mais une forêt aménagée à flanc de rempart, où l’on marche sous les arbres. On y prend la pluie, mais atténuée, et les épices sentent plus fort sur un sol mouillé qu’en plein soleil. Prévoir des chaussures qui tiennent : ça descend et ça remonte.
La forêt de Mare-Longue, à 11,7 km et dix-neuf minutes. Une relique de forêt tropicale humide de basse altitude, l’une des dernières de l’île, avec un sentier botanique balisé. La canopée y est dense au point qu’une averse moyenne s’entend plus qu’elle ne se sent. Le revers : les racines et les pierres deviennent franchement glissantes, et ce n’est pas un sentier à faire en tongs.

Les cascades sont meilleures après la pluie
La cascade de Grand Galet, au bout de la route de la rivière Langevin, est à 18 km et vingt-neuf minutes. Elle n’est jamais aussi impressionnante qu’après plusieurs heures de pluie, quand tout le rempart se met à couler. C’est l’un des rares endroits où le mauvais temps ajoute quelque chose au lieu de le retirer.
Le prix à payer est sur la route. Les ravines du Sud se franchissent par des radiers, et un radier submergé ne se franchit pas : on attend, ou on fait demi-tour. La route de Langevin peut être coupée, et elle l’est parfois plusieurs heures.
Plus loin, l’Anse des Cascades, à 33,4 km et quarante-trois minutes, donne le même spectacle au bord de l’eau : des chutes qui tombent presque dans l’océan, au milieu des filaos. La route qui y mène longe le Grand Brûlé, et le trajet vaut autant que l’arrivée. Le reste de ce qu’il y a à voir dans le secteur est détaillé sur la page que faire à Saint-Philippe.

Ce qui ne vaut pas le déplacement ce jour-là
Le volcan, d’abord. Le Pas de Bellecombe est à 77,5 km et à environ deux heures de route. La Plaine des Sables se couvre régulièrement dès le milieu de la matinée, et un jour de pluie il n’y a rien au bout, sinon un parking dans le brouillard. L’accès peut en outre être fermé par arrêté. Deux heures aller, deux heures retour : ce n’est pas le jour.
Le littoral ensuite, avec une nuance. Le Cap Méchant, à 8,9 km, et le Puits des Anglais, au Baril, à 2,6 km, sont spectaculaires quand la mer est grosse, mais ils se regardent depuis le sentier, à distance du bord : la lave mouillée est glissante et les paquets de mer ne préviennent pas. L’accès au bassin du Puits des Anglais dépend, lui, de la houle du jour.
Enfin, tout ce qui repose sur un point de vue — les sommets, les remparts, les panoramas des Hauts — peut être rayé de la liste sans regret. On monte, on ne voit rien, on redescend.
Rentrer dîner sans ressortir
Une journée de pluie finit tôt, et c’est souvent là que la chambre d’hôtes montre ses limites : il faut reprendre la voiture pour dîner. Ici, non. La varangue commune est ouverte à tous les occupants de la maison, avec un réfrigérateur, un micro-ondes et de la vaisselle. On rapporte ce que l’on veut de Saint-Joseph ou d’ailleurs, on réchauffe, et on mange sur place au sec. C’est aussi là que se prend le petit déjeuner, compris dans le prix.
Deux autres choses servent ces jours-là. Les quatre chambres sont climatisées, ce qui règle la question de l’air lourd qui suit les averses, et le linge est fourni. Et la piscine du jardin se pratique très bien sous une averse tiède : c’est même l’un des rares moments où l’on a le bassin pour soi. Le Coco y donne directement, ce qui évite de traverser le jardin sous la pluie.

Questions fréquentes
Faut-il filer vers l’Ouest dès qu’il pleut ?
Pas pour une averse. Saint-Pierre demande trente-sept minutes de route, soit une heure et quart aller-retour : cela ne se justifie que si l’on y passe la journée entière, pas pour aller attendre une éclaircie. Sur une matinée bouchée, une sortie couverte du secteur coûte beaucoup moins de voiture.
Peut-on se baigner après de fortes pluies ?
En mer, la question ne se pose pas de ce côté de l’île : il n’y a pas de lagon, et la baignade est interdite hors des zones surveillées et des bassins aménagés, par tous les temps. Dans les bassins de rivière, c’est encore plus net : l’eau reste chargée un bon moment après l’épisode et le débit peut remonter sans prévenir.
Que prévoir dans la voiture un jour de pluie ?
Des chaussures fermées à semelle crantée : le sentier de Mare-Longue et les abords des cascades glissent franchement une fois mouillés. Une veste plutôt qu’un parapluie, que les alizés retournent. Et de quoi se changer, laissé dans la voiture — c’est ce qui manque le plus souvent au retour d’une sortie écourtée.
Y a-t-il de quoi occuper de jeunes enfants quand la pluie s’installe ?
Autant le dire franchement : le secteur n’a rien d’aménagé pour eux par mauvais temps, ni parc couvert ni musée fait pour leur âge. La journée se découpe alors en petits morceaux — une sortie courte, un retour, une accalmie que l’on saisit. Le Bambou accueille trois personnes avec un lit bébé et dispose d’une terrasse extérieure privée, ce qui laisse un dehors sans quitter la maison.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, une varangue couverte où dîner les soirs de pluie, et la forêt de Mare-Longue à 11,7 km pour marcher à l’abri. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


