
Le carnet S'informer
Sud sauvage de La Réunion : la région la moins visitée
Le Sud sauvage occupe la façade sud-est de La Réunion, de Saint-Joseph à Sainte-Rose, et c’est la partie de l’île où le tourisme s’est le moins installé. Les causes sont matérielles : pas de lagon, pas de plage où l’on se baigne, plus de pluie qu’ailleurs, et l’aéroport principal à 87,6 km. Ce que ces mêmes causes ont laissé en place ne se trouve nulle part ailleurs sur l’île.
Ce qu’on appelle le Sud sauvage
Le nom ne figure sur aucune carte administrative. Il désigne la côte au vent, entre Saint-Joseph et Sainte-Rose, en passant par Saint-Philippe. Une seule route la traverse, la nationale littorale, coincée entre l’océan d’un côté et le rempart de l’autre : pas de contournement, pas de seconde voie, et le détour passe par l’intérieur de l’île.
La bande habitable est étroite. Les bourgs s’alignent dessus à quelques kilomètres les uns des autres, et tout le reste monte vers la forêt puis vers le volcan. Depuis Saint-Philippe, Saint-Joseph est à 12,6 km, Saint-Pierre à 29,6 km, Saint-Benoît à 56,9 km et une bonne heure de route.
Pourquoi le tourisme s’est installé sur l’autre côte
Nous n’avancerons pas de chiffre de fréquentation, faute d’en tenir un de source sûre. Ce qui se constate, c’est l’équipement. Les hôtels de bord de mer, les clubs et les bases nautiques sont sur l’Ouest, de Saint-Gilles à Saint-Leu. Ici, l’hébergement est fait de chambres d’hôtes, de gîtes et de locations, tenus par des gens qui habitent sur place. Personne n’a construit de front de mer de ce côté-ci parce qu’il n’y avait rien à border.
Tout tient à un mot de géographie : le lagon. La barrière de corail protège l’Ouest et s’arrête bien avant d’arriver jusqu’ici. Sur cette côte, l’océan frappe directement la lave : on regarde la mer, on ne passe pas la journée dedans. S’y ajoute l’exposition, puisque les alizés arrivent de l’est et se vident sur cette façade avant de franchir les Hauts. Il y pleut plus qu’ailleurs, toute l’année. C’est ce qui la rend verte, et ce qui l’a tenue hors des brochures.

Ce que la région n’a pas
Autant le savoir avant de réserver.
- Pas de baignade libre en mer. Sans lagon, la baignade en mer est réglementée et se limite aux zones surveillées et aux bassins aménagés. Deux d’entre eux sont proches : le Puits des Anglais, au Baril, à 2,6 km, et Manapany-les-Bains à 16,1 km. Leur accès dépend de la houle du jour, pas du calendrier. La piscine du jardin ne pose pas cette question.
- Peu d’options le soir. Les bourgs sont petits et l’activité s’y arrête tôt. La varangue commune, avec réfrigérateur, micro-ondes et vaisselle, sert à cela : on rapporte, on réchauffe, on dîne sur place. C’est aussi là que se prend le petit déjeuner.
- De la pluie, en toute saison. Les averses sont le plus souvent brèves et très localisées, mais elles tombent, y compris en plein hiver austral.
- Une seule route. Un éboulis, une coulée, un radier en crue, et le trajet du jour se rallonge ou tombe.
Ce qu’il y a ici et nulle part ailleurs sur l’île
Cette côte est la partie jeune de La Réunion. Le volcan est actif de ce côté-là, ses coulées descendent jusqu’à l’océan, et le paysage se réécrit à chaque éruption. Le Grand Brûlé, que la route traverse, n’est pas habité : c’est le couloir par lequel la lave rejoint la mer, et on y roule sur des coulées d’âges différents, les unes déjà reprises par la fougère, les autres encore noires et nues.

Sous la surface, il y a les tunnels de lave : des galeries laissées par une coulée dont la croûte s’est figée pendant que le magma continuait de s’écouler dessous. Il s’en visite à Saint-Philippe, uniquement accompagné d’un guide : les horaires, les tarifs et l’équipement fourni dépendent de l’exploitant, et c’est à lui qu’il faut les demander. C’est l’une des rares sorties du secteur qui se passe sous terre, donc à l’abri de l’averse.
Reste la forêt. Mare-Longue, à 11,7 km, est une relique de forêt tropicale humide de basse altitude, l’une des dernières de l’île : ailleurs, cette tranche d’altitude a été défrichée depuis longtemps. Le Jardin des Parfums et des Épices, à 5,9 km, occupe une coulée ancienne et se visite en marchant. Le Cap Méchant est à 8,9 km, l’Anse des Cascades à 33,4 km, et Notre-Dame des Laves, l’église que la coulée a contournée sans y entrer, à 37,9 km. Ces quatre-là se font dans la même journée sans jamais dépasser une heure de voiture, ce qui explique que la plupart des chambres d’hôtes de Saint-Philippe se soient installées autour du bourg.

Les distances, mesurées depuis Saint-Philippe
L’atout pratique de la région tient à son échelle. Depuis le centre du Sud sauvage, presque tout se fait sans y consacrer la journée : le Puits des Anglais est à 2,6 km, le Jardin des Parfums et des Épices à 5,9 km, le Cap Méchant à 8,9 km, la forêt de Mare-Longue à 11,7 km, Manapany à 16,1 km et la cascade de Grand Galet à 18 km, soit une demi-heure de route. Ces distances sont routières et mesurées ; les durées, elles, restent indicatives.
Deux exceptions, à poser franchement. Le Pas de Bellecombe, d’où part la descente dans l’enclos du volcan, est à 77,5 km et à environ deux heures de route : ce n’est pas la porte à côté, et cela se prépare la veille. L’aéroport de Roland-Garros est à 87,6 km, soit près d’une heure et demie ; celui de Pierrefonds, à Saint-Pierre, est à 39,7 km.
À qui la région convient, et à qui elle ne convient pas
Elle ne convient pas à un séjour bâti sur la plage et le lagon : il n’y a ni l’un ni l’autre. Elle ne convient pas non plus à une semaine qui veut voir les cirques, l’Ouest et le volcan en gardant une seule base. Et la veille d’un vol matinal depuis Roland-Garros, dormir à 87,6 km est un mauvais calcul.
Elle convient à qui vient marcher, regarder de la géologie récente, et accepte que le programme du jour se décide le matin en regardant le ciel. Elle convient aux familles, parce que les sorties sont courtes et rapprochées. Elle convient à ceux qui veulent une base fixe : ici, on défait sa valise une fois.
Chez nous, cela prend la forme de quatre chambres à Saint-Philippe, toutes climatisées, avec salle d’eau et toilettes privatives et le linge fourni. L’Orchidée accueille deux personnes et a une petite terrasse privée ; Le Bambou trois personnes, avec lit bébé et terrasse extérieure privée ; La Vanille trois personnes également, lit bébé et vue sur le jardin ; Le Coco deux personnes, avec un accès direct à la piscine. Le petit déjeuner est compris et le tarif ne bouge pas dans l’année : il est sur la page tarifs.
Questions fréquentes
Le Sud sauvage se visite-t-il en une journée depuis l’Ouest ?
Techniquement oui, mais la journée sera surtout faite de route, aller et retour. Nos distances sont mesurées depuis Saint-Philippe et non depuis l’Ouest, nous n’avancerons donc pas de chiffre pour ce trajet-là. Ce qui se vérifie sur place, c’est qu’une visite éclair montre la nationale et le Cap Méchant, et laisse de côté la forêt, les tunnels et tout ce qui demande de marcher.
D’où vient le mot « sauvage » ?
Il décrit le littoral, pas les habitants : Saint-Joseph, Saint-Philippe et Sainte-Rose sont des communes ordinaires, avec mairie, écoles et commerces. Le mot dit qu’il n’y a ni lagon ni aménagement balnéaire, et que la mer y arrive sans rien pour l’amortir.
Combien de nuits faut-il y passer ?
Deux au minimum, trois pour ne pas courir. Avec une seule nuit, on arrive en fin d’après-midi, on repart tôt le lendemain, et on n’aura vu que la route. Ce qu’il y a ici demande de sortir de la voiture.
Est-ce un bon camp de base pour le volcan ?
C’est un camp de base honnête, pas le plus court. Bourg-Murat, à la Plaine-des-Cafres, est à 53,8 km d’ici et raccourcit la montée du lendemain, mais on y dort dans le froid et loin de tout le reste. Depuis le bord de mer, il faut partir avant le jour — la seule manière d’arriver au Pas de Bellecombe avant la brume.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, entre le Cap Méchant et le Grand Brûlé, à 2,6 km du Puits des Anglais, avec une varangue pour dîner sur place les soirs où l’on ne ressort pas. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


