
Le carnet S'informer
Aller au Piton de la Fournaise depuis le Sud : Bourg-Murat
Depuis Saint-Philippe, il n’existe qu’une seule route pour monter au Piton de la Fournaise, et elle part de Bourg-Murat, sur la Plaine-des-Cafres. Le parking du Pas de Bellecombe est à 77,5 km de la maison, soit environ deux heures de route — dont près d’une heure pour la vingtaine de kilomètres qui reste après Bourg-Murat.
Le trajet, en deux morceaux très inégaux
Le premier morceau suit la RN2 vers l’ouest jusqu’à Saint-Pierre — 29,6 km, un peu moins de quarante minutes — puis monte la route des Plaines à travers Le Tampon jusqu’à Bourg-Murat : 53,8 km depuis la maison, une heure cinq. C’est de la route large et roulante, celle que prennent tous les jours ceux qui descendent travailler en bas.
Le second morceau, c’est la route forestière du Volcan, de Bourg-Murat au parking du Pas de Bellecombe. Une vingtaine de kilomètres à peine — 53,8 km à Bourg-Murat, 77,5 km au parking — et près d’une heure de plus : une heure cinq d’un côté, deux heures de l’autre. Elle grimpe d’abord dans les pâturages, passe le belvédère du Nez de Bœuf au-dessus de la rivière des Remparts, franchit le Pas des Sables, puis descend dans la Plaine des Sables, une cuvette de scories rouges sans arbre ni maison, avant de remonter au parking. Là, un escalier descend dans l’enclos : c’est de ce point que commence la marche vers le cratère.

Ces durées viennent d’un calcul d’itinéraire sans trafic : les distances sont fermes, le temps non. La traversée du Tampon en fin d’après-midi n’a rien à voir avec la même route à cinq heures du matin.
Pourquoi le Sud oblige à faire le tour
À vol d’oiseau, le volcan est juste au-dessus de nous, et ses coulées descendent jusqu’à la mer, sur la portion de la RN2 qu’on appelle le Grand Brûlé. Mais aucune route ne remonte de ce littoral vers le sommet : c’est un champ de lave, pas un accès.
Le seul accès motorisé au Pas de Bellecombe part de Bourg-Murat, d’où que l’on vienne. Du Nord, on monte par Saint-Benoît et la Plaine-des-Palmistes ; du Sud, par Saint-Pierre et Le Tampon. Depuis notre côte, cela dessine un grand U : descendre à l’ouest, monter en altitude, revenir vers l’est. Les deux heures viennent de là — de la géographie, pas de l’état des routes.

L’heure de départ décide de tout
Dans les Hauts, la journée est plus tranchée qu’au bord de mer : matin clair, nuages qui montent ensuite. La Plaine des Sables se couvre régulièrement en milieu de matinée, et il n’y a alors plus rien à voir : ni le cratère, ni la plaine, ni la route devant soi. Partir à six heures ou à onze heures, ce n’est pas voir deux choses différentes, c’est voir quelque chose ou ne rien voir du tout.
Partir avant le jour est donc le seul conseil qui compte vraiment. Cela a une conséquence directe quand on dort ici : vous serez sur la route avant que la maison ne se réveille. C’est le vrai inconvénient de cette sortie depuis le Sud, et il vaut mieux le savoir en réservant qu’au réveil — le petit déjeuner attendra le lendemain.
Deux choses se vérifient la veille, pas le matin même. La météo du secteur du volcan d’abord, qui n’a rien à voir avec celle du littoral : il peut faire grand soleil au Baril et blanc complet à Bellecombe. L’état de l’accès ensuite. L’enclos se ferme par arrêté en cas d’éruption ou de mauvais temps, et la barrière du Pas de Bellecombe a des heures d’ouverture et de fermeture. Ces horaires changent selon les périodes ; ils ne sont pas repris ici, parce qu’un horaire faux coûte une journée entière.
Bourg-Murat, le dernier village avant la route forestière
Bourg-Murat est le dernier endroit où l’on trouve des commerces. Au-delà, la route forestière ne traverse plus aucun village : pas de station-service, pas d’épicerie, et une couverture téléphonique qui se fait discrète. On fait le plein là, et on prend de quoi manger, parce que ce genre de sortie se termine rarement à l’heure prévue.
C’est aussi là que se trouve la Cité du Volcan, le musée consacré à la Fournaise. Il ne remplace pas la descente dans l’enclos, mais il sauve une matinée où le sommet est bouché — et cela arrive. Autre chose, souvent sous-estimée : il fait froid sur la Plaine-des-Cafres, y compris en été austral : on quitte le bord de mer en tee-shirt et on sort de la voiture là-haut dans le vent. Une polaire dans le coffre n’est pas un excès de prudence.
Ce que le volcan a laissé à portée de la maison
Si les deux heures de route ne rentrent pas dans le séjour — cela arrive souvent sur trois nuits — le Sud sauvage garde la trace du volcan à quelques minutes d’ici. La route des laves traverse les coulées descendues jusqu’à l’océan : Notre-Dame des Laves, à Sainte-Rose, est à 37,9 km, et l’Anse des Cascades à 33,4 km. Ce sont les mêmes éruptions, vues par le bas.
Plus près encore, les tunnels de lave de Saint-Philippe se visitent avec un guide. On y marche à l’intérieur d’une coulée refroidie, et cette visite-là ne dépend pas de la météo du sommet.

Le reste de ce qu’il y a à voir autour de la maison est sur la page que faire à Saint-Philippe.
Au retour, la journée se termine souvent tard et sans envie de reprendre la voiture. La varangue commune, avec son réfrigérateur, son micro-ondes et sa vaisselle, permet de dîner sur place avec ce qu’on a rapporté. Et la piscine du jardin fait beaucoup de bien après quatre heures de route ; Le Coco y donne directement.
Questions fréquentes
Peut-on monter au volcan et redescendre dormir ici le même jour ?
Oui, et c’est ce que font la plupart des visiteurs qui logent dans le Sud : quatre heures de route dans la journée, aller et retour, plus la marche. On part de nuit, on redescend quand la brume est installée. La journée est pleine, mais elle tient.
Faut-il un 4×4 pour la route du volcan ?
Non, elle se fait en voiture de tourisme et c’est ce que fait presque tout le monde. Ce qui ralentit, ce sont les virages, l’étroitesse et le brouillard, pas le véhicule. Pensez en revanche au carburant : il n’y a nulle part où faire le plein entre Bourg-Murat et le parking.
Vaut-il mieux dormir près du volcan la veille ?
Si le volcan est le motif principal du voyage, oui : dormir sur la Plaine-des-Cafres retire une heure de route au réveil. On choisit le Sud sauvage pour autre chose — la côte, la forêt, les bassins, les coulées basses — et on monte au volcan une fois dans le séjour, pas tous les matins.
Est-ce une sortie adaptée à de jeunes enfants ?
Quatre heures de voiture dans la journée, dont une heure de virages serrés, du froid en haut, et une marche sans ombre une fois descendu dans l’enclos : ce n’est pas la sortie la plus évidente avec des petits. Beaucoup de familles s’arrêtent au belvédère du Pas de Bellecombe sans descendre, ce qui fait déjà une vraie journée. Le Bambou accueille trois personnes et dispose d’un lit bébé.
Et si l’enclos est fermé le jour prévu ?
Mieux vaut garder la sortie souple que la caler sur un jour précis du séjour : la fermeture par arrêté tombe sans préavis utile pour un voyageur, et elle peut durer. Les coulées basses de la route des laves et les tunnels de lave restent accessibles ces jours-là.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres climatisées à Saint-Philippe, salle d’eau et toilettes privatives, à 77,5 km du Pas de Bellecombe par Bourg-Murat — et une piscine pour le retour. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


