
Le carnet S'informer
Le marché forain de Saint-Philippe : ce qu’on y trouve
Des fruits et des légumes de saison, des brèdes, des épices, du miel, des confitures et des achards en bocal — et, sur une bonne moitié des étals, des choses qui ne se mangent pas du tout : vêtements, bassines, outillage, vannerie. Le marché forain du bourg de Saint-Philippe est un marché de commune tenu par des vendeurs ambulants, et ce qu’on y trouve dépend surtout du mois où l’on passe.
Le jour et les horaires ne sont pas écrits ici : ils bougent d’une année à l’autre. Posez-nous la question sur place, plutôt que de vous lever tôt pour trouver la place vide.
« Forain » veut dire ambulant, et cela explique le reste
Un marché forain n’est pas une halle avec des commerçants installés à l’année. Les vendeurs sont ambulants : ils montent leurs tréteaux au petit matin, tournent d’une commune à l’autre dans la semaine, et remballent une fois la matinée passée. Trois conséquences.
D’abord, c’est une affaire de matinée. Les marchés forains de l’île se tiennent le matin ; arriver en fin de matinée, c’est regarder plier les bâches. Ensuite, il y a un jour, pas sept : le bourg redevient un bourg le reste de la semaine. Enfin, comme ce sont les mêmes camions qui font le tour de l’île, l’alimentaire partage la place avec le textile et le bazar. Le maraîcher et le marchand de tongs sont voisins d’étal, ce qui surprend qui attendait un marché de producteurs.

Les fruits et les légumes, et le calendrier qui les commande
Il n’existe pas de liste fixe : ce qui est sur l’étal en janvier n’y est plus en juillet, et le vendeur qui débordait de letchis le mois dernier n’en a plus une seule aujourd’hui.
Le gros de l’année tourne autour de quelques constantes : les brèdes, qu’on fait revenir à la poêle et qui n’ont pas d’équivalent en métropole, le chouchou, le songe, la patate douce, le citron péi, les piments. La saison chaude apporte le reste : letchis pour les fêtes de fin d’année, mangues ensuite, ananas Victoria, bananes en régime entier. Aux mois de bascule, l’étal est plus maigre. C’est le même calendrier qui décide de la corbeille du petit déjeuner servi sur la varangue.
Le meilleur réflexe n’est pas de chercher ce qu’on connaît, mais de demander comment ça se cuisine : une botte de brèdes ne se devine pas, un songe non plus, et la réponse arrive toujours. C’est aussi la seule façon de savoir ce qui a poussé dans le Sud et ce qui est monté d’ailleurs.
Les produits qui ne viennent que d’ici
C’est la partie qui justifie le déplacement : on ne la retrouve pas au supermarché sous cette forme. La vanille d’abord : nous sommes dans la commune qui la cultive, et une gousse achetée en direct n’a rien à voir avec un tube de sucre vanillé. Le curcuma frais, que tout le monde appelle safran péi, se vend en rhizome et tache tout ce qu’il touche. À côté, le gingembre, le combava, les piments — dont certains ne préviennent pas.
Viennent ensuite les bocaux : miel, confitures, achards, parfois du cœur de vacoa préparé. Des productions en petites quantités, faites par des gens de la commune. Si vous en voyez et que cela vous plaît, prenez-le : la semaine suivante, la personne peut être ailleurs.

Pour la vanille vue de plus près, le Jardin des Parfums et des Épices est à 5,9 km, sept minutes de route. Le reste de ce qui se visite autour est sur la page que faire à Saint-Philippe.
L’autre moitié des étals, celle qui ne se mange pas
Elle occupe autant de place que l’alimentaire, et elle se regarde sans illusion : l’essentiel est du bazar d’importation, tee-shirts, sandales, ustensiles, bassines, petit outillage. Utile si vous avez oublié une casquette ou une paire de tongs, sans plus.
Une chose y échappe : la vannerie. Les paniers, les chapeaux et le bertel — le sac qu’on porte au dos — sont tressés en feuille de vacoa, et c’est un travail d’ici. La question à poser : qui l’a fait ? La différence entre le tressé main et le moulé se voit à la régularité des brins. Et si l’artisanat est votre motif de visite principal, le marché n’en est pas le meilleur endroit : la Fête du Vacoa, elle, réunit les vanniers au travail.
Ce qu’il faut emporter
- Des espèces, en petites coupures. Tous les étals ne prennent pas la carte, et la monnaie sur un gros billet manque vite.
- Un cabas, et de préférence une glacière souple. Les sacs ne sont pas distribués à volonté, un régime de bananes ne se porte pas à la main, et une voiture au soleil transforme une belle mangue en compote.
- Un peu d’avance. Se garer dans le bourg est simple tôt, beaucoup moins ensuite.
Ce qu’on en fait quand on dort ici
Autant le dire franchement : la varangue commune aux quatre chambres a un réfrigérateur, un micro-ondes et de la vaisselle, mais pas de plaque de cuisson. Un sachet de brèdes crues et un morceau de songe n’y deviendront pas un cari. Ce qui fonctionne, c’est tout le reste : les fruits, ce qui se mange froid, ce qui s’achète déjà cuit et se réchauffe, les bocaux qui repartiront dans la valise.
En pratique, on revient avec des letchis ou des mangues, on les met au frais, et on les mange sur la varangue le soir, quand reprendre la voiture pour dîner ne dit plus rien à personne. Le petit déjeuner est compris dans le prix de la chambre, et le tarif est le même toute l’année : le détail est sur la page tarifs.

Pour les familles, le passage par le marché règle la question du goûter et des fruits de la semaine. La Vanille accueille trois personnes avec un lit bébé et donne sur le jardin ; Le Bambou a la même capacité et sa terrasse extérieure privée.
Questions fréquentes
Quel jour et à quelle heure se tient-il ?
Nous ne l’écrivons pas ici : un jour de marché se décale, et un article qui le fige se trompe tôt ou tard. Posez-nous la question sur place, ou vérifiez auprès de l’office de tourisme. Retenez que cela se joue le matin : une fois la matinée passée, il ne reste rien à voir.
Est-ce moins cher qu’au supermarché ?
Pas automatiquement, et personne ne devrait vous promettre le contraire. L’écart se joue sur la fraîcheur et sur la saison : un fruit de pleine saison acheté à celui qui l’a récolté est bon marché, un fruit hors saison ne l’est nulle part. Et sur l’alimentaire, on ne marchande pas vraiment.
Peut-on rapporter des fruits ou des plantes dans ses bagages ?
Cela ne s’improvise pas. Il existe des règles phytosanitaires pour ce qui sort de l’île, elles évoluent, et elles diffèrent selon qu’il s’agit d’un fruit frais, d’une gousse séchée ou d’un plant. Renseignez-vous auprès de votre compagnie aérienne et des services de l’État avant d’acheter une valise de letchis, pas après.
Y a-t-il du poisson ?
Quand il y en a. La Marine est en contrebas du bourg, mais un étal de poisson dépend de la mer du jour et de la sortie des bateaux. Ne bâtissez pas votre repas du soir là-dessus.
Le marché vaut-il le détour si l’on n’achète rien ?
Oui, à condition de savoir ce qu’on va voir : une commune qui fait ses courses, pas une attraction. On y croise plus d’habitants que de visiteurs, et c’est le moyen le plus rapide de comprendre ce qui se mange ici. Si vous attendez un grand marché où l’on flâne longtemps, ce n’est pas celui-là : le plus étendu du Sud est à Saint-Pierre, à 29,6 km.
Vous cherchez où dormir dans le Sud sauvage ? Quatre chambres à Saint-Philippe, avec une varangue commune, son réfrigérateur et son micro-ondes pour ce qu’on rapporte des étals. Voir les quatre chambres ou demander vos dates.


